tient très froids pour ce qu'ils appellent « lesoiseaux de passage.» Quant au mérite pittoresque,je ne balance pas à donner hautement la préfé-rence i Lausanne . bien qu’on n’y voie pas le Mont-IUanc. La promenade de Montbenon est tout ceque je connais de plus admirable eu Suisse , lueheure avant le coucher du soleil, elle offre réunistous les genres de beautés.
On sait que c’est à Lausanne que le célèbre Gib-bon à composé son histoire de la Décadence. La-vater s’y trouvait à la même époque, et un voy a-geur anglais , lord H***, qui les y a vus ensemble ,m’a raconté une scène plaisante dont il a été té-moin. Pour en sentir tout le piquant, il est néces-saire de savoir que ces deux hommes différaientautant l’un de l’autre, au moral, qu’ils se res-semblaient peu physiquement. Lavater avait unede ces physionomies mobiles et expressives, desyeux pleins de feu, une parole rapide, animée, etaccompagnée de gestes qui la rendaient singulière-ment entraînante. C’était enfin un homme tout endehors, et son caractère véhément et passionné sem-blait se faire jour au travers de toute sa personne.Tandis que Gibbon, au contraire, impassible ,froid, réfléchi, avait, dans son maintien et sesmanières, quelque chose de la raideur de son es-11. i3