montra hostile au nouvel ordre de choses. Pom-me servir d’une expression consacrée, elle émigraen masse à l’intérieur, et avant, comme après l’actede médiation qui sanctionna l’existence du cantondeVaud, elle affecta de se tenir éloignée des af-faires. Plus tard, elle essaya, mais en vain, d’yrentrer; elle se trouva comme étrangère au paysqui avait appris à se passer d’elle, et se vit cons-tamment repoussée par les électeurs. Il y a, dansce fait, une leçon dont l’aristocratie bernoise au-rait dû faire son profit, lors de la dernière révolu-tion. En politique, les boudeurs ont toujours tort,et c’est ce dont on commence à s’apercevoir, àBerne ainsi qu’ailleurs.
Ce canton , grâce à son émancipation, s’est éle-vé rapidement au plus haut degré de prospérité.Ses revenus publics atteignent la somme de douzecent mille francs, et sa population de cent cin-quante mille âmes ', se distingue par son active in-dustrie et ses habitudes d’ordre. Le contingent ducanton est un des plus beaux et des plus militairesde la Suisse ; ses routes rivalisent avec celles deBerne , et ses établissemens d’utilité publique sôntdans un état satisfaisant. La prison de Lausanne ,
i. Deux mille deux cent quatorze par mille carré.