Ce qu’il y a de remarquable à Genève c’est queles idées civilisatrices y ont pénétré dans la massede la population ; il y règne un véritable espritpublic qui se porte vers tout ce qui est louable etutile; ici le gouvernement, le plus vraiment libé-ral que je connaisse en Europe , a compris toutel’étendue de sa mission, et s’est efforcé de l’accom-pli r en travaillant à éclairer, à améliorer ce petitpeuple, à lui procurer tout le bien-être possible,et à lui assurer toute la liberté compatible avec lemaintien de l’ordre. On peut dire ici du gouver-nement qu’il est bien réellement l’expression de lavolonté générale , et qu'il tend sans relâche à réa-liser les vœux et à satisfaire les besoins de la société.Aussi tous les citoyens le secondent activementdans cette tâche. On voit que la patrie est autrechose qu’un vain mot, dans cet état de quatrelieues de tour et de cinquante mille habitans. Etc’est un chef-d’œuvre d’habileté, et une preuvefrappante de bon esprit que d’avoir su en faire
unissait, à l’énergie la plus mâle, cette affectueuse sensibi-lité, apanage ordinaire des femmes. La perte de M. Simoud ,déplorée à Genève qu’il avait adoptée pour patrie, m’a faitamèrement sentir toute la justesse île ces vers du poète :
« Fleuves, rochers, dcserls , solitude si chère ,u Un seul être vous manque , cl tout est dépeuple !