— 234 -
une, avec si peu d’éloffe. Un tle nos honorablesdéputés, M. Mauguin, a beaucoup choqué les Ge-nevois , en cherchant à leur prouver que leurs in-térêts devaient leur faire désirer leur réunion à laFrance , et que la marche des événemens ten-dait à amener prochainement pour eux la réa-lisation de cet âge d’or; comme ils en avaient déjàgoûté, ses argumensne les ont pas convaincus. SiGenève redevenait chef-lieu d’un départementfrançais , cet esprit public, dont j’ai parlé, dispa-raîtrait, et, avec lui, on perdrait ses heureux ré-sultats. On les retrouve à chaque pas ici. De nom-breux établissemens, concourant au bien général,sont fondés et soutenus par des cotisations volon-taires , des legs et des dons patriotiques ; des mo-numens publics s'élèvent, grâce à la générositédes particuliers; une charité éclairée et activevient au secours des malheureux, répand, dansles classes inférieures, les bienfaits d’une éduca-tion appropriée à leurs besoins, encourage l’indus-trie et l’amour du travail. Chacun s’efforce de serendre utile, d’une manière quelconque, à lacommunauté, et l’on a vu jusqu’à de pauvres ou-vriers envoyer ou rapporter, des pays lointains,des objets curieux, des animaux rares, pour enfaire hommage au muséum d’histoire naturelle.