Band 
Second volume.
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261
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les uns pour atteindre le bateau, les autres pours’en échapper. Mais c’en est fait ! le patron a donnéle signal, la vapeur captive se met à l’œuvre ensiillant, les roues battent l’eau d’un mouvementqui s’accélère à chaque seconde, et le Léman com-mence à se mouvoir avec une majestueuse lenteur;voilà qu’à l’instant même des retardataires ar-rivent tout essoufflés ; ils font des signes, appel-lent, conjurent le patron d’attendre; l’un s’écrieque sa femme est à bord! l’autre demande qu’onlui rende au moins sa malle; mais la vapeur estinexorable. Les malheureux se jettent dans un ba-lelet, pour tenter les chances de l’abordage: vainespoir! il est trop tard; la puissante machine lesgagne de vitesse, le bateau vole et les laisse enproie aux risées des spectateurs sans pitié.

Nous voici sortis du port; le temps est magni-fique ; le soleil brille du plus pur éclat, au milieud’un ciel dont aucun nuage ne ternit l’azur. Assissur le cabestan, je rêve et j’observe. Déjà la villefuit à nos yeux; une légère vapeur plane sur lepaysage, mais n’empêche pas de distinguer les ob-jets; le Mont-Blanc qui s’élève dans sa gloire, estéblouissant de lumière ; les arêtes déchirées etpittoresques des Bornans, l’élégante pyramide duMole, la cime arrondie du Buel, revêtue d’une