Band 
Second volume.
Seite
263
JPEG-Download
 

— 2()3 —

devons également toucher. Sur le lac, uni commeune glace, on suit, à perte de vue, les deux sillonsdivergens que le rapide mouvement de nos rouesa creusés dans les eaux ; ils forment un angle im-mense , très peu ouvert, dont la pointe aboutit àVavant du bateau, et rident la surface azurée decet immense bassin. Je remarque une certaineagitation à l’autre extrémité du pont; le patron apris sa carabine, et tous les yeux se fixent vers lepoint qu’il ajuste. On distingue sur le lac un oi-seau gris-blanc de la grosseur d’un canard, c’estune grèbe; le coup part, la balle fait jaillir l’eau àquelques pouces de sa tête , et l’oiseau plongepour reparaître hors dé portée. Cette chasse, amu-sante mais pénible , avait jadis beaucoup d’attraitpour les jeunes gens de Genève , elle plumage dela grèbe était estimé des dames à l’égal des plusbelles fourrures.

Dèsqu’on a atteintLausanne, la vue dulacchangeentièrement de caractère ; elle devient déplus enplusimposante et grandiose à mesure qu’on appro-che davantage de Vevay. Les sévères beautés que dé-ploiela rive deSavoie,àpartir deïhonon,sont tem-pérées par l’aspect riant et gracieux des coteaux ducanton de Vaud . Lorsque le soleil du soir, glis-sant obliquement sur Lausanne et sur les hauteurs