épouvanté sur cette enceinte de chaises, hérisséede bras et de jambes qu’il désespère de franchir ;on le presse d’argumens croisés ; son trouble aug-mente , l’hilarité causée par cette scène originaleest à son comble; lui, cependant, avise une brèchedans ce rempart vivant, aussitôt il s’élance , esca-lade les genoux de madame R"*, et s’enfuit au mi-lieu des éclats de rire.
L’enceinte du château de Coppet est aujour-d’hui déserte et silencieuse; la mort l’a dépeuplée.Je me suis promené dans le parc, où il y a debeaux arbres, mais dont l’aspect est également mé-lancolique. A tout prendre, ce doit être un tristeséjour ; une partie de la petite ville de Coppet masque la vue du lac, et l’on s’aperçoit que lechâteau a été bâti à une époque où l’on tenait peuaux agrémens de ce genre.
Dans une note d’un de ses poèmes, relative à savisite à Coppet, Byron parle de madame de Staël avec un ton de fatuité dédaigneuse que rien nesaurait justifier. Sous le rapport du génie, elle levalait bien , et valait infiniment mieux sous celuidu caractère; elle a été aimée et regrettée de toutesles personnes qui l’ont connue, et il n’en a pas étéainsi de Byron, dont le cœur sec, l’esprit caustiqueet capricieux , et la morgue hautaine n’étaient pas