faits pour attirer. Il est facile de voir, en effet, d’a-près ses Mémoires, qu’il n’a jamais aimé personne,et on le lui a bien rendu. Ceci soit dit sans porteratteinte à sa juste célébrité littéraire, car je ne l’enregarde pas moins comme formant, avec l’auteurdes Méditations , et l’auteur de Faust , le triumvi-rat poétique de notre époque.
Byron a habité, pendant six mois, la maisonDiodati à Cologny : le propriétaire m’a racontéqu’il était absent de Genève pendant ce temps , etque, lorsqu’il y revint, après le départ de l’illustrepoète, il apprit de sa mère, qu’elle avait brûlé unefoule de papiers, à moitié écrits et tout raturés,dont le mylord anglais avait laissé sa chambrejonchée.... C’étaient les brouillons du 3 e chant deChilde Harold , de Manfred et du prisonnier deChillonH Je laisse à penser si M. Diodati, amateuréclairé des beaux vers, et ami de M. de Lamar-tine , dut être inconsolable de cette perte. Lepoète menait Là une véritable vie de garçon; ilavait, avec lui, Shelley, auteur de quelques poèmesestimés, et Lewis, connu par son fameux romandu Moine ; je ne compte pas un certain Polidori,sorte de médecin factotum , qui faisait, parexemple, les honneurs de la maison quand lenoble lord oubliait qu’il avait invité du monde à