immobiles, si l’on veut parvenir à s’en faire uneidée juste. Vue de loin, sa surface vous paraît sim-plement fendillée et raboteuse. D’énormes blocsde granit sont entassés confusément sur les bordsdu glacier, qui les soulève et les repousse, commeles revers d’un immense sillon. Quelques-unsd’entr’eux avancent avec lui et, pour ainsi dire ,suspendus sur ses sommités, qui se sont fonduespeu à peu et amincies en cônes, au-dessous du ro-cher qu’elles supportent, ainsi qu’un chapiteau.Des crevasses, plus ou moins larges, traversent,en tous sens, ce chaos de glace où elles formentdes gouffres de plus de mille pieds de profondeur,dont les parois, d'une extrême pureté, réfléchis-sent ces belles nuances d’azur et de vert de merqu’on ne peut se lasser d’admirer. La mer de glaceoffre, dans toute sa longueur, une veine sombrequi la partage en deux moitiés; si on l’examine deprès, on voit qu’elle a reçu cette teinte foncée desdébris et détritus, des rochers qui forment l’undes revers de la vallée; ceux de l’autre revers ,moins friables, ne ternissent point la pureté dela glace, qui s’accumule à leur base. Le Dru, l’Ai-guille verte, les aiguilles de Charmoz, les grandeset petites Jorasses et plusieurs autres pics grani-tiques, s’élancent du milieu de ces éternels frimas
Schliessen