Band 
Second volume.
Seite
297
JPEG-Download
 

pôle, qui semble ne plus tenir à la terre. Lorsquela lune, sortant du sein des nuages, vient à ré-pandre sa clarté blafarde sur cette masse impo-sante, mais un peu confuse, alors toutes les lignesdeviennent plus précises, les formes se détachent,et les cimes pittoresques de ces nombreuses ai-guilles, se dessinant hardiment sur le bleu foncédu ciel, projettent au loin leurs ombres fantas-tiques sur la vallée. Les pyramides d’albâtre duglacier des Bossons brillent au milieu de la sombreverdure des sapins qui les encadre, tandis que lesarêtes sourcilleuses du Brevent contrastent, parleurs sombres teintes, avec la triple cime du Mont-Blanc , inondée d’une lumière argentée qui rendencore plus vif l’éclat scintillant des étoiles. Quel’on joigne à cela le calme mystérieux de la nuit,son silence solennel qui n’est troublé que par lebruit sourd et monotone de l’Arve , et l’on aura unefaible idée de ce que ne peut rendre une plumeaussi inhabile que la mienne.

Le soir j’ai feuilleté le registre in-folio,, où lesétrangers sont tenus d’inscrire leurs noms, et danslequel on m’avait fait espérer que je trouverais dejolis dessins, des caricatures plaisantes et quelquesbonnes pièces de vers. Je n’y ai vu qu’un croquisassez, piquant de M. Daguerre, ainsi que deux ou