Band 
Second volume.
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fait, mais est cependant praticable pour les voi-tures. Quand on atteint ce premier village, onest sur le territoire de Berne , et Ton s’en aperçoità l’air d’aisance qui se fait remarquer dans les ha-bitations, construites en bois et avec recherche.Chaque maison, outre sa galerie, a encore un pe-tit balcon orné de fleurs. Le pignon forme la fa-çade, sur laquelle sont percées les fenêtres queprotège la saillie considérable du toit, qui s’arroh-dit quelquefois en ceintre. J’en ai compté jusqu’àtrente-six sur le pignon d’une maison. Lorsqu’ilvient à passer un étranger, ou que quelque évé-nement réveille la curiosité publique, voilà unemultitude de tètes qui sortent de toutes ces ouver-tures; cela forme un coup d’œil singulier, et faitpenser aux poulets qu’on met en mue. C’est sur-tout dans le Simmenthal que j’ai admiré le plus deces palais rustiques; on dirait la résidence royaledu bon Alcinoüs. Chaque habitation de ce genreest entourée d’enclos cultivés avec soin, et danslesquels la rose et le dalia ne dédaignent pas d’or-ner les carrés de choux et de navets. On aime àvoir les paysans s’occuper de la culture des fleurs;cela prouve qu’ils ont du loisir, et que le matérielde la vie ne les absorbe pas au point de les empê-cher de songer à ses jouissances. Le goût des pein-