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prodigalité de leurs nobles voisins. Cette petitecour des comtes de Gruyères était brillante; c’é-tait le rendez-vous de tous les chevaliers et ba-rons du pays, et l’on nous a conservé le récit deses fêtes. Le fou du comte Pierre, Girard Chala-mala, y remplissait le rôle principal. Tantôt ilégayait l’illustre assemblée par ses bouffonneries,tantôt il donnait ci son maître, sous la forme d’unefacetie , de salutaires leçons d’autres fois il ra-contait, de même que les bardes écossais, les faitsrelatifs à l’histoire de la comté de Gruyères , et lesexploits de ses intrépides défenseurs. Il disaitcomme quoi, ceux de Berne et de Fribourg avaient été taillés en pièces , à Villars-sous-Mont ,par les pâtres de ces vallées, que conduisaientClarimboz et Ulrich Berner au bras de fer; commequoi ces deux vaillans hommes d’armes s’étaientbattus si long-temps et avec un tel acharnement,qu’il avait fallu employer l’eau chaude pour dé-tacher leur main de la poignée de leur bonneépée , que le sang de l’ennemi y avait collée en secoagulant. Il ajoutait qu’en cette occasion, les
i. Comme lorsqu’il lui dit, par exemple, que « louer deRei ne faisait cuire la grue dans un chaudron », cette allusionprophétique sur les armes de Berne et celles du comte sevérifia