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Second volume.
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instant de crise pour le bétail et les pâtres. Lesvaches épouvantées, ne pouvant plus s’orienterpour redescendre, se serrent les unes contre lesautres au point de s’étouffer, ou bien, en courantçà et là, dans leur effroi, elles se précipitent duhaut des rochers. On a vu, en ces occasions, destroupeaux de deux ou trois cents vaches, affaméespar les neiges, revenir dans la vallée, d’elles-mêmeset conduites par leur seul instinct. Les fourrages ,mis en réserve pour l’hiver, se trouvant épuisés,on a été, plus d’une fois dans la nécessité, dit-on ,de les nourrir avec leur propre lait, ressource qui,je pense, ne pouvait pas long-temps suffire.

Toute cette portion du pays appartenait jadisà l’ancienne et puissante famille des comtes deGruyères qui, l’ayant engagée , pour des sommesconsidérables , à des créanciers qu’elle se trouvadans l’impossibilité de satisfaire, eut la douleur devoir le gage passer entre les mains des bernoiset desFribourgeois, auxquels les créanciers l'abandon-nèrent , moyennant le remboursement immédiatdes sommes qui leur étaient dues. Ces arrange-mens étaient alors assez communs , et souvent lesbourgeois des villes , enrichis par leur espritd’ordre et d’économie, ont su faire tourner habi-lement à leur profit les habitudes de faste et de