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ment que j’entendais parler français dans les vil-lages les plus reculés. La raison en est qu’avant ladernière révolution, il n’y avait pas un seul de cespâtres qui n’eût servi en France , de l’âge de vingtans à vingt-cinq. Nulle part, en Suisse , le métierdes armes n’était plus populaire ; chacun , ici, te-nait à honneur d’avoir fait son temps. Malgré cettecirconstance, les habitans ont conservé toute lasimplicité pastorale; la venue d’un étranger nepeut les faire déroger à leurs habitudes , et c’est leseul endroit de la Suisse où l’on m’ait fait dîner àonze heures. Mon repas, qui n’était pas très bon,avait du moins le mérite d’être original; on meservit un bouilli flanqué de quatre poires cuites,et le beurre frais, accessoire obligé des pommesde terre en robe de chambre, arriva coquettementcouronné de fleurs.
Lorsque le voyageur débouche du Simmenthalpar le défilé si pittoresque qui tourne la base duStockhorn, il est frappé, à la fois, de tout ceque le lac de Thoune et les environs offrentd’enchanteur. Il se trouve sur les confins del’Oberland, de cet abrégé de la Suisse , qui ren-ferme, dans un espace resserré , les beautés de dif—férens genres qu’on va chercher dans les vingt-deux cantons. Ici la nature lui présente tous les