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tncle fort extraordinaire , quand le froid les saisit,et transforme ces eaux écumeuses en brillantes sta-lactites de glace. On dirait alors autant de pilastresde cristal, élevés le long de cette immense paroi,et se colorant des plus riches reflets prismatiques.Assurément l’imagination d’un poète aurait peineà rêver une plus splendide décoration , pour le pé-ristyle du palais de l’hiver ! Lorsque ces colonnadesde glace viennent à s’écrouler à l’époque de lafonte, leur chute est également d’un effet très cu-rieux. L’abondance des eaux courantes entretient,dans cette vallée, une fraicheur remarquable; lavégétation y est vigoureuse, et les prairies conser-vent, jusqu’à la mauvaise saison , leur verdure duprintemps. Ces rochers en terrasses, ces talus ra-pides sont ombragés des plus magnifiques arbres.Mais la misère des habitans, leurs chétives de-meures, leurs enfans déguenillés, qui vous de-mandent l’aumône, forment un affligeant contrasteavec l’aspect de ces lieux, dont les stériles beautésne peuvent écarter, des populations qui y vivent,les horreurs du besoin. La nature, ainsi que leshommes, tapisse quelquefois sur la rue.
Une mendiante adressa, à mes sentimens chari-tables, un de ces appels qui semblent devoir ren-contrer difficilement un refus. C’était une jeune