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Second volume.
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femme, pâle, défaite, portant, dans ses bras, untout petit enfant, dont les traits amaigris annon-çaient qu’il avait souffert de la misère de sa mère.Celle-ci tendit vers moi, d’un air timide, un descoins du tablier de son enfant qui, de sa petitemain, jouait avec l’autre, et semblait s’associer,par là, à cet acte suppliant; puis elle posa le doigtsur sa bouche décolorée, comme pour me direqu’il avait faim, et, d’un second geste, non moinsexpressif, elle me fit comprendre que la maladieet la misère l’avaient mise elle-même hors d’étatde pourvoir aux besoins de son nourrisson. Cettepantomime, éloquente et vraie comme la nature ,m’émut cent fois plus que les démonstrationsétudiées de nos mendians civilisés. Des troncs sus-pendus dans le lieu le plus apparent des auberges,sollicitent la charité de l’étranger; nulle part, enSuisse , ses aumônes ne sauraient être mieuxplacées.

Au reste, cet appauvrissement progressif despopulations n’est point une chose nouvelle. Lamisère était déjà grande en Suisse , dès le 16' siècle,et le goût des émigrations s’y propagea à tel point,qu’il fallut que le gouvernement de Berne inter-vint pour l’arrêter par des mesures rigoureuses.Au 17' siècle, des lois, calquées sur les lois an-