Band 
Second volume.
Seite
367
JPEG-Download
 

au travers du brouillard, des corps opaques, dontmîus ne pouvions discerner les formes, et qui, enapprochant, devinrent graduellement plus dis-tincts; c elait une caravane de voyageurs à cheval.L’elièt des vapeurs condensées grandissait leursproportions de telle sorte, qu’à la distance dequinze pas, on eût dit une caravane de géans. Ilsétaient au nombre de sept dont trois dames. L’unde ces messieurs , en passant près de moi, me dit :« Voilà un fameux brouillard, monsieur! nous« n'avons rien de mieux que cela à Paris . » Jeleur souhaitai une belle Jungfrau , et un rayonde soleil pour la descente de Lauterbrounne; desrires d’incrédulité accueillirent mon souhait go-guenard , et nous nous séparâmes fort gaiment.

Le lendemain le ciel était clair , et je pus voir, àmon aise, cette belle vallée du Grindelwald quin’a rien de commun avec celles que j’ai visitéesjusqu’ici. Ce qui la distingue de la vallée de Cha-mouuy , avec laquelle on la compare quelquefois,ce sont les formes plus hardies, lés revers plus es-carpes de ses montagnes, dont les beautés sévèrestranchent si fortement avec le riant caractère dela contrée environnante. La neige , ne pouvant sefixer sur les pans de ces gigantesques rochers tail-lés à pic, s’amoncèle dans les gorges qui les sé-