chasse; mon père s’y est cassé la cuisse; il y a àparier qu’il m’en arrivera autant, mais, que voulez-vous? c’est mon plaisir, et puis mon heure n’arri-vera jamais que quand il plaira à Dieu . »
J’avais entendu, dans la nuit, comme un vio-lent coup de tonnerre, et m’étais étonné qu’il n’yen eût eu qu’un seul. Le lendemain j’eus l’explica-tion de cette singularité, en passant la grandeScheideck. Au-dessus du glacier supérieur, aupied du Wetterhorn , nous vîmes un talus de neiged’une blancheur éclatante , s’arrondissant en im-mense évantail; c’était l’avalanche que j’avais en-tendue gronder. Elle avait dû être magnifique, àen juger par l’énorme masse de neige qui s’étaitaccumulée à la base du rocher. Un peu plus loin ,il en tomba une qui différait entièrement de celleque j’avais vue la veille; une détonation, puisun léger nuage, planant au-dessus d’un des ra-vins du- Wetterhorn , m’annoncèrent sa chute.Après quelques secondes, je vis paraître un tor-rent de neige, qui, débouchant de l’étroit ravin,se déploya avec majesté sur le flanc de la mon-tagne. C’était comme une large cascade, dont l’é-blouissante blancheur tranchait sur cette paroide rochers d’un gris terne; ce qui m’a encorefrappé ici, c’est la lenteur apparente de la chule;