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être son tombeau. Ce qui est non moins surpre-nant, c’est que, dès qu’il fut guéri, il reprit sonoccupation favorite, comme s’il ne lui fût rien ar-rivé. Lorsque le chasseur a tué un chamois, il boitson sang encore chaud, autant pour soutenir sesforces, que pour se prémunir contre le vertige, lesang de cet animal étant regardé comme un excel-lent spécifique en pareil cas; puis il lui ôte les en-trailles, et le charge sur ses épaules, ouil le main-tient en passant sa tète entre les quatre jambesfortement liées ensemble. C’est alors qu’embarrasséde ce fardeau gênant, il lui faut redoubler d’au-dace et d’adresse, pour descendre le long de cescorniches effrayantes, et au travers des gouffresque les glaciers ouvrent sous ses pas. On m’a répétéici que la valeur d’un chamois n’excédait guèresvingt-cinq francs, et qu’un chasseur, à la foisadroit et heureux, ne peut pas espérer en tuer plusde douze ou quinze dans son année. M. le profes-seur Wyss, de Berne , qui a fait un travail intéres-sant sur l’Oberland , qu’il connaît à fond, assureque les habitans de cette vallée, très superstitieuxde leur naturel, ont foi aux jours néfastes, ainsiqu'au fatalismç. Une pareille remarque rendraitraison de l’audace de ces chasseurs. L’un d’eux di-sait froidement : « Mon grand-père s’est tué- à la