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Les sapins que l’on rencontre, après avoir fran-chi le haut de ce col, se distinguent par un sin-gulier genre de décoration; ce sont de longuesmousses parasites qui pendent à leurs branchesinférieures, comme autant de barbes blanchâtres.Les pauvres arbres en sont tous défigurés, et cetaccessoire ajoute encore à leur aspect mélancoli-que. Le chemin boueux, inégal, rendu plus diffi-cile par les racines noueuses de ces sapins sécu-laires, est dénué d’intérêt jusqu’au moment oùl’on aperçoit, au fond d’un vallon retiré, la joliemaison des bains de Rosenlavi. Il faut se hâter d’ycommander son déjeûner, ou son luncheon , etmonter, pendant qu’on le prépare, au glacier qui,pour la pureté et la transparence, l’emporte sur laplupart de ceux que j’ai vus. L’été dernier, on pé-nétrait dans une spacieuse caverne de glace, offrantles plus magnifiques reflets. Aucun corps étran-ger, aucune particule terreuse n’en altérait lablancheur ou la limpidité cristalline, circonstancequi provient de l’extrême dureté des rochers demarbre gris entre lesquels descend ce beau gla-cier. En revenant à l’auberge, dont l’aspect riantet propre , et les persiennes peintes en vert sem-blent vous saluer de loin, vous trouvez, sur latable, les côtelettes fumantes, la pomme de terre