ruminaient paisiblement, et contemplaient, avecune impassibilité philosophique, les nombreux vi-siteurs passant et repassant au milieu d’eux. Par-venu dans la pièce principale, le premier objetqui attira mon attention fut un énorme chaudron,bouillant sur un grand feu, et contenant le lait dujour destiné à faire le fromage. Sur une tablette,qui régnait le long d’un des pans de cette chambre,étaient disposés de larges vases en bois, de formeplate et circulaire, remplis de lait doux, de crèmeépaisse ou liquide, ainsi que de petit-lait de dif-férentes sortes. Au-dessus de ces vases on voyaitrangés des fromages de première et seconde for-mation. Dès la porte, je distinguai, au traversd’une atmosphère épaisse de fumée, une quinzainede paysans et paysannes, groupés dans diversesaltitudes. Cinq ou six d’entr’eux étaient assis sui-des escabeaux , autour d’un billot tenant lieu detable , et supportant un large baquet plein de laitchaud, dans lequel nageaient des tranches de painblanc. Chacun des convives puisait à cette vastegamelle. Quand nous entrâmes, on nous céda, nonla place d’honneur, ce qui eût dérangé tout lemonde, mais cellequiétaitla plus voisinedela porte.Les pâtres du châlet, au nombre de trois, aprèsnous avoir adressé un salut cordial, et un TFill-
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