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passé devant plusieurs hameaux assez considé-rables cpie j’apercevais à peine, et, sans le secoursde mes lunettes, ces beaux lieux m’auraient parupresque déserts. L’imagination est comme le sagequi entend à demi-inot; montrez-lui, dans le loin-tain , quelques habitations éparses, elle verra aus-sitôt les villageois, se livrant, autour de leurs de-meures, à leurs travaux rustiques; elle suivra lestroupeaux errant sur ces pâturages, entendra letintement de leurs clochettes harmonieuses, ets’arrêtera à contempler leurs jeux; en un mot, elleanimera, peuplera le paysage en y rêvant de toutce que l’œil n’y peut voir, et jouira des illusionsqu’elle se sera créées. Quelques points, blanchis-sans sous les vapeurs de l’horizon, auront suffipour enfanter ces prestiges.
Quand on veut faire connaître un pavs aussiriche que l’Oberland , en points de vue pitto-resques , toutes les ressources du style descriptifne tardent pas à être épuisées. Les combinaisonsdu langage sont, en effet, bien circonscrites auprèsde l’infinie variété que la nature étale ici. Aprèsm’être efforcé de donner une idée de ce que j’ai vu,et de faire partager au lecteur mes impressions di-verses, je jette un regard découragé sur un travailqui est loin de me satisfaire. Les tableaux quej’a-