Band 
Second volume.
Seite
427
JPEG-Download
 

— 4-7 —

mène sa vue, on découvre partout l’aspect del’aisance , résultant de la fertilité du sol, de la cul-ture la mieux entendue, et surtout de ces habi-tudes d’ordre qui caractérisent le paysan bernois,line multitude d’habitations, bâties sur ces rianscoteaux, apparaissent au milieu des arbres, oubordent la route, le long de laquelle règne unedouble haie, soigneusement taillée, et s’alignentdeux rangs de cerisiers, dont la tige élancée, et lesbranches intactes, prouvent qu’ils ne sont pointen butte à la destructive rapacité des passans. Ici lapropriété est religieusement respectée, par la rai-son que chacun y possède, et n’y possède pasd’hier seulement. Les maisons ont un air cossu etannoncent un bien-être qui satisfait l’àme enmême temps qu’il plait à l’œil ; beaucoup d’entreelles, situées au-dessous du niveau de la route,ont un pont, au moyen duquel les chariots mon-tent , tous chargés , au grenier , pour y déposer lefoin ou les gerbes. Des fontaines jaillissent detoutes parts, et l’on remarque, jusque dans l’ar-rangement du fumier, cette recherche de propreté,qui est un des traits distinctifs du caractère na-tional.

On m’a conté, à ce sujet, que M. de Goumvens,se vantant un jour d’avoir un valet de ferme qui