Band 
Second volume.
Seite
454
JPEG-Download
 

— 4M —

du duc de Bourgogne , et, lorsque les différenscantons envoyèrent, àCharles-le-Téméraire, leursdéclarations de guerre, il en fui tout étonné. Ilpâlit de surprise et de rage, dit un contemporain,quand il vit, au bas du cartel, le grand sceau dela république de Berne . Le duc ne songea plus,dès-lors, qu’à tirer une éclatante vengeance de sesalliés infidèles. Battu une première fois àGranson,il réunit toutes ses ressources pour laver la hontede cet échec, et ordonna de lever, dans ses états,un homme sur six, et un sou d’or sur six ; fit dé-fense de conserver, dans chaque maison, plusd’un chaudron de cuivre; donna ordre de fondreles cloches, et d’amener, à grands frais, de Lor-raine , toute son artillerie. Il arriva sous les mursde Morat avec l’armée la plus formidable contrelaquelle les Suisses eussent encore eu à se mesurer.Les Bourguignons étaient au nombre de 70,000,et les Suisses ne comptaient que 3 o,ooo combat-tans. Quelqu’un proposa, aux confédérés, d’at-tendre l’attaque des Bourg uignons, retranchés der-rière les chariots, à quoi un bourgeois de Zurich répondit : « Les Suisses ont toujours eu pour lia-<( bitude d’attaquer les premiers ! » — « Si Dieu est« avec nous, s’écria Hallwyl, nous sommes en« force contre qui que ce soit. > Les confédérés