chargèrent, avec leur impétuosité accoutumée,sur la grosse artillerie qui fut emportée avant(l’avoir pu leur faire beaucoup de mal Alors cefut une panique, une déroute générale; le duc deBourgogne , piquant des deux, s’enfuit, pendantseize lieues, sans regarder derrière lui. Un témoinoculaire rapporte que les rangs entiers de Bour-guignons, qui se jetaient dans le lac delMorat pours’échapper à la nage, ressemblaient à des troupesde mouettes. « On aurait cru pouvoir marcher« sur toutes ces têtes, tant pressées éloient-elles. »Les Suisses ne firent aucun quartier; ils avaient àvenger le massacre de la garnison de Granson . Encette circonstance, le comte Jacques de llomontavait dit que <( Guerre sans merci étoit toujours laplus briève », et les confédérés s’en souvinrent; leproverbe populaire « cruel comme à Morat » ledit assez.
L’ossuaire n’existe plus. Sur le lieu où il fut, ona élevé un obélisque simple, et de proportionsélégantes, sur lequel se lit une inscription latine,destinée it rappeler aux Suisses le souvenir de celte
i. À cette époque, l'artillerie était servie avec une tellelenteur, qu’on croyait avoir obtenu beaucoup quand chaquepièce avait tiré trente coups dans lu journée.