tout, celle sublime chaîne des glaciers el des neigeséternelles, se déroulant depuis le Mont-Blanc jus-qu’aux plus hautes sommités des Grisons . De glo-rieux souvenirs ajoutaient encore à l’intérêt decette scèqe imposante ; Morat et Granson étaient àmes pieds. L’extrême transparence de l’air me per-mettait de distinguer les détails de cet ensembleadmirable. La plaine était inondée d’une lumièrechaude, moelleuse, qu’interrompaient, çà et là,de grandes masses d’ombres. Le ciel, d’un azurfoncé, tranchait fortement avec l’éclatante blan-cheur des neiges. Pendant que je m’abandonnais,avec ravissement, aux émotions que faisait naîtreen moi un spectacle si nouveau et si grand, le so-leil déclinait; les ombres, s’alongeant sur laplaine, gagnaient déjà les montagnes; les eaux deslacs, d’un bleu plus sombre, n’éblouissaient plusmes yeux. Le soleil venait de se coucher; il avaitcessé de briller à l’horizon, mais ses rayons illu-minaient encore les sommets neigeux des Hautes-Alpes . Une immense bande de pourpre, bizarre-ment découpée, se déployait entre la terre et leciel, sur une ligne de plus de soixante lieues. Sesteintes pâlirent par degrés, et ne paraissaient plusque légèrement rosées, tandis que le Mont-Blanc ,la Jungfrau , le Finsleraarhorn, élevaient, du
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