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tente universelle, repoussé, à une immense majo-rité, par le peuple du canton de Lucerne . Ce faitimprévu produisit l’effet d’une commotion élec-trique. Dans les cantons révolutionnés, la stupeurfut grande; le parti des villes releva la tête, ets’abandonna à un fol espoir. Partout on crut leschoses mûres pour une réaction, et les représen-tai de l’opinion aristocratique, les membres dela ligue de Sarnen , partageant l’illusion commune,s’imaginèrent qu’il ne fallait plus qu’un signal pourdéterminer, en Suisse , une insurrection généralecontre les nouveaux gouvernemens '. Ce signal, lecanton de Sclnvytz se chargea de le donner. Lecolonel fédéral Abyberg part, à la tète de deuxcents hommes, pour opérer une restauration àmain armée dans les districts-extérieurs , et oc-cupe, avec du canon, la petite ville de Kussnacht ,où il fait plusieurs arrestations. En vain le premiermagistrat de Lucerne vient, au nom de la diète,le sommer de se retirer; le colonel répond qu’il ades ordres de son gouvernement, et n’a pas à enrecevoir de la diète. Cependant le tocsin se fait en-
i. Je dois dire que le député de Neuchâtel , M. de C.,homme habile, ne fut pas atteint de cet esprit de vertige etd’erreur, et qu’il donna, à ses collègues, de salutaires avisqui ne furent point écoutés.