4 • MÉMOIRE SUR LA CONSTITUTION GÉOLOGIQUE
Remarquons de plus que les vallées transversales de l’Albe, qui sont si profondeset dont les flancs sont si abruptes, nous montrent le plus souvent des basalteset principalement des tufs basaltiques en filons, en sorte que ces vallées paraissentégalement devoir leur origine, non pas à l’action des eaux, mais bien à des cre-vasses produites par les mouvemens des éruptions plutoniques.
Ce n’est que dans le voisinage immédiat des masses plutoniques que l’on re-marque quelquefois des altérations dans la stratification; à l’exception de ces caset d’un petit nombre d’autres encore, tous les terrains de l’Albe ne présentent quedes couches très-légèrement inclinées avec l’horizon. Mais les mêmes coucheshorizontales montrent souvent, à de petites distances, des différences de niveautellement considérables, qu’on est en droit d’en conclure l’existence de grandesfailles placées en travers de ces couches, et qui ont occasioné des glissemens,auxquels il faut attribuer ces différences de niveau parfois si grandes. C’est ainsique l’on voit à Wâschenbeuren, à Heubach, à Aalen , les couches inférieures dulias former la surface du sol au pied de l’Albe : l’épaisseur du lias est alors assezfaible, tandis que non loin de là et à des niveaux peu différens, mais vers l’inté-rieur de la chaîne, sa puissance est deux à trois fois plus forte. Il est recouvertdans ces points par les assises jurassiques plus récentes, et est composé de lasérie complète des strates qu’il renferme généralement dans le pays; il descendalors à une profondeur bien plus considérable qu’au dehors de la chaîne. Cetteobservation a été vérifiée par plusieurs sondages, commencés soit dans le hautdu lias, soit dans le terrain qui le recouvre immédiatement : ces sondages n’ontpas atteint le keuper avec une profondeur de 700 pieds, pendant qu’ils auraientdû y arriver à une profondeur de 200 pieds environ. Les coupes longitùdinaleset transversales (pl. I) offrent plusieurs de ces failles, qui ne sont tracées au sur-plus que d’une manière idéale, parce qu’elles ne se montrent pas toujours à dé-couvert; elles sont surtout évidentes vers le milieu du flanc N. O. de la chaîne,dans le voisinage des basaltes et des conglomérats basaltiques. La pl. II, fig. 2, faitvoir une faille formée par la dolomie jurassique au pied du Hohestaufen ; il est àremarquer, du reste, que je n’ai pu retrouver aucun autre point où cette rochese soit présentée à un niveau inférieur à l’Oxford-Clay, en exceptant toutefois lescas d’éboulemens bien évidens : peut-être’ qu’au Hohestaufen la dolomie avait étésuperposée aussi à l’Oxford-Clay, et s’est écoulée sur la pente N. O. de la mon-tagne, lorsque celle-ci a reçu sa forme conique si extraordinaire. Cette supposi-tion paraîtra fort vraisemblable, si l’on prend en considération que celte dolomiese montre composée de rochers placés, les uns auprès des autres, dans le plusgrand désordre.
On voit, par ces différentes considérations, que le flanc N. O. du Jura wurtem-bergeois est le résultat complexe de l’existence d’une faille et des soulèvemens ba-saltiques ; pendant toute l’époque de leur durée, ces soulèvemens ont dû produireY.