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Tome vingt-deuxième.
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les plus riches citoyens ? non , sans doute,rien n’est affirmé ou nié d’aucun íujet ,mais le sujet tout au plus est énoncé ; ilfaut y ajouter quelque choie pour avoir despropositions entieres , & spécialement unverbe qui soit à un mode personnel.

II. Entre les modes personnels , les unsfont direàs , & les autres font indirectsou obliques.

Les modes directs font ceux dans lcquelsseuls le verbe sert à c'onstituer la propo-sition principale, c’est-à-dire l’expreílionimmédiate de la pensée que l’on veutmanifester.

Les modes indirects ou obliques fontceux qui ne constituent qu’une proposi-tion incidente subordonnée à un antécé-dent qui n’est qu’une partie de la pro-position principale.

Ainsi , quand on dit je FAisdemonmieux , je f e roi s mieux fi je pouvois ,faites mieux , les différents modes duverbe faire , je f ais , jef crois, faites , fontdirects , parce qu’ils fervent immédiate-ment à l’exprestion du jugement princi-pal que l’on veut manifester. Si l’on ditau contraire, il eji necejjaìre que jefasse mieux , le mode je fajje est in-direct ou oblique , parce qu’il ne cons-titue qu’une énonciation subordonnée àl’antécédent il , qui est le sujet de laproposition principale ; ç’est comme sil’on disoit il, que je fasse mieux ; ejinecejj'aire.

Remarquez que je dis des modes di-rects qu’ils font les seuls dans lesquels leverbe sert à constituer la propositionprincipale ; ce qui ne veut pas dire quetoute proposition dont le verbe est à unmode , direct , soit principale , puisqu’iln’y a rien de plus commun que des pro-positions incidentes dont le verbe est àun mode direct : par exemple , la remar-que que je fais eft utile , les remar-ques que vous ferez feroìent utiles ,&c. Je ne prétends donc exprimer par-la qu’une propriété exclusive des modesdirects, & faire entendre que les indi-rects n’énoncent jamais une propositionprincipale , comme je le dis ensuite dansla définition que j’en donne.

Si nous trouvons quelques locutions oùTome XXII.

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le mode subjonctif, qui est oblique , sem-ble être le verbe de la proposition prin-cipale , nous devons être aslùrés que laphrase est elliptique , que le principalverbe est supprimé , qu’il faut le suppléerdans l’analyfe , & que la proposition ex-primée n’est qu’incidente. Ainsi , quandon lit dans Titc-L ive , VI. xjv , Tunevero ego nequicquam capitolium arcem-que serfa^erim , fi , &c. il fautréduire la phrase à cette constructionanalytique : Tune vero ( res crit ita ut )ego ServaferiM nequicquam capi-tolium que arcem ,fi , &c. L'est la mêmechose quand on dit en françois , qu’on fieta , se ; il faut fous entendre je veux ,ou quelqu’autre équivalent. Voye\ SUB-JONCTIF.

Nous avons en françois trois modespersonnels directs , qui font l’indicatif,l’impératif, & le fuppositif. Je fais està l’indicatif, fais est à l’impératif, yeferois est au fuppositif.

Ces trois modes également directs ,différent entr’enx par des idées accessoi-res ; l’indicatif exprime purement l’èxiC-tence d’un sujet déterminé fous un attri-but : c’est un mode pur ; les deux autresfont mixtes , parce qu’ils ajoutent à cettesignification primitive d’autres idées ac-cessoires accidentelles à cette significa-tion. L’impératif y ajoute J’idée acces-soire de la volonté de celui qui parle :le fuppositif celle d’une hypothèse Voy.Indicatif , Impératif , Suppo-

SITIF.

Les Grecs ni les Latins n’avoient pasle fuppositif ; ils en supplément la valeurpar des circonlocutions que l’ellipíe abré-geoit. Ainsi , dans cette phrase de Ci-céron , de nat. deor. II. xxxvij. pro-feclò ó ejse Deos , 0 hœc tanta opéradeorum ejse arbitrarentur , leverbe arbitrarentur ne sèroit pas rendulittéralement par ils croiraient , ils Jepersuaderaient ; ce seroit ils crussent , UsJe persuadassent , parce que la construc-tion analytique est ( res eji ita ut ) ar-bitra rentur , &c. Ce mode efl usité dansla langue italienne , dans l’espagnole &dans l’Allemande , quoiqu’il n’ait pasencore plu aux grammairiens de l’y dis-

B