14 M O D
Clef TRANSPOSÉE une réglé généralepour cela.
Comme toutes les cordes naturelles del’octave d 'ut donnent , relativement àcette tonique, tous les intervalles presecrits par le mode majeur , & qu’il en estde même de l’octave de la pour le mode mi-neur : l’exemple précédent , que nousn’avons proposé que pour les noms desnotes, doit encore servir de formule pourla réglé des intervalles dans chaque mode.
Cette réglé n'est point, comme onpourroit le penser , établie sur des princi-pes arbitraires, elle a son fondement dansla génération harmonique. Si vous donnezl’accord parfait majeur à la tonique , à ladominante , & à la sous-dominante , vousaurez tous les sons de l’écheîle diatoniquepour le mode majeur. Pour avoir celle dumode mineur , faites la tierce mineuredans les mêmes accords : telle est l’ana-logie & la génération du mode.
11 n’y a proprement que deux modes ,comme on vient Me le voir ; mais commejl y a douze sons fondamentaux , qui fontautant de tons, & que chacun de ces tonsest susceptible du mode majeur ou dumode mineur, on peut composer en vingt-quatre maniérés ou modes différons. II yen a même trente-quatre possibles, maisdans la pratique on en exclut dix, qui nefont au fond que la répétition des dixautres, considérés sous des relations beau-coup plus difficiles, où toutes les cordeschangeraient de nom, & où l’on auroitmille peines à se reconnoître. Tels fontles modes majeurs fur les notes diésées,& les modes mineurs fur les bémols.Ainsi, au-lieu de composer en fol dièse,tierce majeure, vous composerez en labémol qui donne les mêmes touches; &au-lieu de composer en re bémol mineur ,vous prendrez en ut dièse par la mêmepaison; & cela, pour éviter d’avoir d’uncôté un fa double dièse , qui deviendraitun fol naturel ; & de feutre un fi doublebémol , qui deviendrait un la naturel.
On ne reste pas toujours dans le modeni dans le ton par lequel on a commencéun air ; mais pour varier le chant , oupour ajouter à f expression , on change deson & dç mode , selon f analogie harmo-
M O D
nique, revenant pourtant toujours à celuiqu’on a fait entendre le premier, ce qris’appelle moduler. Voyei Modulation.
Les anciens différent prodigieusementles uns des autres fur les ^définitions, lesdivisions, & les noms de leurs modes ,ou tons comme ils les appelloient ; obscursfur toutes les parties de la musique, ilssont presque inintelligibles fur celle-ci. Ilsconviennent, à la vérité, qu’un mode estun certain systeme ou une constitution desons, & que cette constitution n’est autrechose qu’une octave avec tous ses sonsintermédiaires: mais quant à la différencespécifique des modes , il y en a qui sem-blent la faire consister dans les diversesaffections de chaque son de l’octave , parrapport au son fondamental, c’est-à-diredans la différente position des deux semi-tons plus ou moins éloignés- de ce son fon-damental , mais gardant toujours entr’euxla distance prescrite. D’autres au con-traire , & c’est l’opinion commune, met-tent cette différence uniquement dansf intensité du ton, c’est-à-dire en ce quela férie totale des notes est plus aiguë ouplus grave , & prise en diffêrens lieux dusysteme ; toutes les cordes de cette fériegardant toujours entr’elles les mêmesrapports.
Selon le premier sens, il n’y auroit quesept modes possibles dans le systeme diato-nique ; car il n’y a que sept maniérésde combiner les deux semi-tons avec laloi prescrite, dans l’étendue d’une octave.Selon le second sens, il y auroit autantde modes possibles que de sons , c’est-à-dire une infinité ; mais si l’on sc renfermede même dans le genre diatonique , onn’y en trouvera non plus que sept, àmoins qu’on ne veuille prendre pour dynouveaux modes, ceux qu’on établirait àl’octave des premiers.
En combinant ensemble ces deux ma-niérés , on n’a encore besoin que de septmodes , car si l’on prend ces modes endiffêrens lieux du systeme, on trouve enmême temps les sons fondamentaux distin-gués du grave à f aigu , & les deux semi-tons différemment situés , relativement àchaque son fondamental.
Mais outre ces modes , on en peut sor-.