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Tome vingt-deuxième.
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doit chercher la nature pour la consulter ?je lui répondrai , en vous-mêmes. A vjcete ipjum: “ c’cil moi que j’étudie quand» je veux connoître les autres, disoit Fon-» teneîle : c’étoit aussi le secret de l’élo-quent Mastiiíon ; & sous combien de fa-ces Montagne nous peint tous tant quenous sommes , en ne nous parlant que delui ?

I a différence des climats & des âges estla premiere qu’il faut étudier dans lesmœurs ,parce qu’elle tient à la nature.

Le climat décide lin-tout du degré d’é-norgie , d’activité, de sensibilité, de cha-leur dans le caractère , & des inclinationsqui lui s nt analogues. Les climats froidsproduiront des hommes moins ardents qued’autres , mais plus laborieux, plus actifs,plus entreprenants par l’impulsion du mal-étre ; plus occupés de leurs besoins, moinsdélicats dans leurs plaisirs, moins sensiblesà la douleur , moins enclins à la volupté,peu susceptibles des passions adhérentes àla foibleste ; doués d’un esprit sérieux &mâle, d’une ame ferme , & d’un couragepatient. Sévèrement traités par la nature ,ils en contractent l’âpreté ; & comme ilsattachent peu de prix à la vie , ils comp-tent pour peu de chose de la perdre &de l’arracher. Durs pour eux-mémes , ilsle sont pour les autres, fans croire leurfaire injure. L’indépendance , la liberté,le droit de la force, la gloire de l’inva-sion , & le butin pour prix de la victoire ,voilà leur code naturel. Les climats chaudsdonnent au caractère plus d’ardeur & devéhémence , mais moins d’activité , deforce & de courage. La vigueur est dansles fluides, mais les solides énervés s’y re-fusent ; ensorte que les hommes sont à lafois amollis & passionnés. Crime & vertu ,tout s’y ressent, & de F ardeur du sang ,& de la foibleíse des organes. L’amour ,la haine , la jalousie , la vengeance , F am-bition méme y bouillonnent au fond descœurs ; mais les moyens les plus faciles des’assouvir sont ceux que la passion préféré.La trahison y est en usage , non parcequ’elle est moins périlleuse , mais parcequ’elle est moins pénible. La lâcheté n’y estpas dans l’ame , mais dans le corps : on yest esclave & tyran par indolence ; on y

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semble moins attaché à la vie qu’à la pa-resse ; le bonheur y est dans le repos. Lespeuples des climats tempérés tiennent lemilieu entre ces deux extrêmes : actifs,mais moins infatigables que les premiers ;voluptueux, mais moins amollis que lesseconds ; leur volonté , leur force , leur ar-deur , leur constance font également mo-dérées ; l’énergie de Famé & du corps estla même ; les passions , au lieu de fermen-ter , agissent & s’appaisent en s’exhalant.De cet accord des facultés morales & phy-siques , résulte , & dans le bien & dans lemal, un état de médiocrité éloigné de tousles excès ; un caractère mitoyen entre levice & la vertu , incertain dans Ion équi-libre , également susceptible des inclina-tions contraires, & aussi variables que leclimat dont il éprouve F influence.

Horace a merveilleusement bien décritles mœurs des différents âges de la vie , &il seroit superflu de transcrire ici ces beauxvers que tout le monde fait par cœur ; maisà ces deux causes naturelles de la diversitédes mœurs se joint Fmfluence de l’habitu-de , & celle-ci est un composé des impres-sions répétées, que font fur nous l’instruc-tion , F exercice , l’opinion & F exemple.C’est donc peu d’avoir étudié dans l’hommemoral ce que les peintres appellent le nud;il faut s’instruire des différents modes queFinsiitutic n a pu donner à la nature , selonles lieux & les temps. Prendendo lapoefiaogni J'ua luce délia luce del historia . . ..J en j a la quale la poefìa camina in ostcurij-fime tenebre. ( le Faste. )

« Celui qui fait ce qu’on doit à fa patrie,» à ses amis , à ses parents ; quels sont lesii droits de l’hoípitalité , des devoirs d’unii sénateur & d’un juge , les fonctions d’unii général d’armée , celui-là , dit Horace ,» est en état de donner à ses personnagesii le caractère qui leur convient ». Horaceparloir des mœurs romaines ; mais combiende nuances à observer dans la peinture desmêmes caractères, pris en divers climatsou dans des siécles différents ? c’est - làqu’un poète doit s’instruire en parcourantles annales du monde. Le culte , les loix ,la discipline , les opinions, les usages, lesdiverses formes de gouvernement , l’in-. fluence des mœurs fur les loix, des loix