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Tome vingt-deuxième.
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MON

L’élection d’un monarque est cet actepar lequel la nation désigne celui qu’ellejuge le plus capable de succéder au roidéfunt pour gouverner sétat ; & sitôt quecette personne a accepté l’offre du peuple,elle est revêtue de la souveraineté.

L’on peut distinguer deux sortes de mo-narchies élechvts , l’une dans laquelle sé-lection est entièrement libre , s autre danslaquelle sélection est gênée à certainségards. La premiere a lieu lorsque le peu-ple peut choisir pour monarque celui qu’iljuge à-propos ; s autre , quand le peuplepar la constitution de fêtât est astreintd’élire pour souverain une personne quisoit d’une certaine nation , d’une certainefamille, d’une certaine religion, &c.

Parmi les anciens Perses, aucun , ditCicéron , ne pouvoit être élu roi s’iln’avoit été instruit par les Mages.

Mais une nation qui jouit du privilèged’élever à la monarchie un de ses citoyens,& principalement une nation qui seroitencore soumise aux loix de la nature ,n’est - elle pas en droit de tenir à ce.citoyen lors de íòn élection , le discourssuivant ?

» Nous sommes bien aises de mettre la» puissance entre vos mains , mais en„ même temps nous vous recommandonsíj d’observer les conventions faites entre» nous ; & comme elles tendent à entre-» tenir une réciprocité de secours si par-» faite qu’aucun ne manque , s’il est poí-« sible, du nécessaire & de futile, nous» vous enjoignons de veiller de votren mieux â la conservation de cet ordre ,» de nous faciliter les moyens efficaces de" le maintenir, & de nous encourager à» les mettre en usage. La raison nous a’> prescrit cette réglé, & nous vous prions” de nq*is y rappeller fans cesse. Nousn vous conférons le pouvoir & l’au-» torité des loix fur chacun de nous ;

nous vous en saisons l’organe & le hé-” raut. Nous nous engageons à vous» aider , & à contraindre avec vous qui-w conque de nous seroit astèz dépourvu” de sens pour désobéir. Vous devez con-» cevoir en même temps que si vous même” alliez jusqu’à nous imposer quelque joug» contraire aux loix , ces mêmes loixTome XXII,

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» vous déclarent déchu de tout pouvoir„ & de toute autorité.

,, Nous vous jugeons capable de nous„ gouverner, nous nous abandonnons avecm confiance aux directions de vos conseils :„ c’est un premier hommage que ousn rendons à la supériorité des talons dont» la nature vous a doué. Si vous êtes• » fidele à vos devoirs , nous vous ché-» rirons comme un présent du ciel, nous» vous respecterons comme un pere :n voilà votre récompense, votre gloire,» votre grandeur. Quel bonheur de pou-» voir mériter que plusieurs milliers de» mortels vos égaux s’intéressent tendre-» ment à votre existence & à votre con-» servation !

» Dieu est un être souverainement» bienfaisant ; il nous a fait sociables," maintenez - nous dans la société quen nous avons choisie ; comme il est le” moteur de la nature entiere, cù il» entretient un ordre admirable , soyez" le moteur de notre corps politique : en” cette qualité vous semblerez imiter» l’Etre suprême. Du reste , souvenez-” vous qu’à f égard de ce qui vous touche» personnellement , vous n’avez d’autres” droits incontestables, d’autres pouvoirs” que ceux qui lient le commun des” citoyens, parce que vous n’avez point» d’autres besoins ; & que vous n’éprou-” vez point d’autres plaisirs. Si nous pen-” sons que quelqu’un des vôtres soit après» vous capable du même commande—

» ment, nous y aurons beaucoup d’égard,

« mais par un choix libre & indépendantn de toute prétention de leur part. »

Quelle capitulation , quel droit chao-tique postestion peut prescrire contre lavérité de cet édit perpétuel , peut enaffranchir les souverains élus à ces con-ditions ? Que dis-je , ce seroit les priverd’un privilège qui le s revêt du pouvoir desuprêmes bienfaiteurs, & les rend par-làvéritablement semblables à la divinité.Que l’on juge fur cet exposé de la formeordinaire des gouvernemens ! {D. J.)

Monarchie limitée, {Gouverne-ment. ) forte de monarchie où les troi*pouvoirs font tellement fondus ensemble,l qu’ils se servent sua à sautre de ba-

O