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Tome vingt-deuxième.
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grandeur que pourroit avoir leur servi-tude ; lorsqu’elles croient que ce qui faitque l’on doit tout au prince , fait que l’onne doit rien à fa patrie ; & plus encore ,lorsque l’adulation tenant une coquille defard à la main, s’efforce de persuader àcelui qui porte le sceptre, que les hommesfont à l’égard de leurs souverains , cequ’est la nature entiere par rapport à sonauteur.

Le principe de la monarchie se cor-romps , lorsque le prince change sa justiceen sévérité, lorsqu’il met, comme lesempereurs romains, une tête de Médusesur sa poitrine ; lorsqu’il prend cet airmenaçant & terrible que Commode fai-soit donner à ses statues.

îa monarchie se perd, lorsqu’un princecroit qu’il montre plus fa puissance enchangeant Tordre des choses, qu’en le sui-vant ; lorsqu’il prive les corps de Tétât deleurs prérogatives ; lorsqu’il ôte les fonc-tions naturelles des uns, pour les donnerarbitrairement à d’autres ; & lorsqu’il estamoureux de ses fantaisies frivoles.

La monarchie se perd, lorsque le mo-narque rapportant tout directement à lui,appelle l’état à sa capitale , la capitale,à sa cour, & la cour à sa seule personne.

La monarchie se perd , lorsqu’un princeméconnoît son autorité, sa situation , l’a-mour de ses peuples, & qu’il ne sent pasqu’un monarque doit se juger en sûreté ,comme un despote doit se croire en péril.

La monarchie se perd, lorsqu’un prince ,trompé par ses ministres, vient à croireque plus les sujets font pauvres, plus lesfamilles font nombreuses ; & que plus ilsfont chargés d’impôts, plus ils font en étatde les payer : deux sophifmes que j’appellecrime de lèse-majesté , qui ont toujoursruiné, & qui ruineront à jamais toutes lesmonarchies. Les républiques finissent parle luxe, les monarchies par la dépopula-tion & par la pauvreté.

Enfin la monarchie est absolument per-due , quand elle est culbutée dans le des-potisme ; état qui jette bientôt une na-tion dans la barbarie, & de-là dans unanéantissement total, où tombe avec ellele joug pesant qu’il l’y précipite.

Mais, dira quelqu’un aux sujets d’une

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monarchie dont le principe est prêt à s’é-crouler, il vous est né un prince qui lerétablira dans tout son lustre. La naturea doué ce successeur de Tempire des vertus,& des qualités qui feront vos délices ; il nes’agit que d’en aider le développement.Hélas , peuples, je tremble encore que lesespérances qu’on vous donne ne soient dé-çues. Des monstres flétriront, étoufferontcette belle fleur dans fa naissance ; leursouffle empoisonneur éteindra les heu-reuses facultés de cet héritier du trône ,pour le gouverner à leur gré : ils rempli-ront son ame d’erreurs, de préjugés & desuperstitions. Ils lui inspireront avec l’igno-rance leurs maximes pernicieuses. Ils in-fecteront ce tendre rejette n de Telprit dedomination qui les possede.

Telles font les causes principales de îadécadence & de la chiite des plus floris-santes monarchies. Heu ! qitam pereuntbrevibus ingentia caujis ! ( U. J. )

Monarchie absolue , {Gouverne-ment. ) forme de monarchie , dans laquellele corps entier des citoyens a cru devoirconférer la souveraineté au prince , avecl’étendue & le pouvoir absolu qui résidoiten lui originairement, & sans y ajouterde restriction particulière , que celle desloix établies. II ne faut pas confondre lepouvoir absolu d’un tel monarque , avecle pouvoir arbitraire & despotique ; carT origine & la nature de la monarchie ab-solue est limitée par sa nature même , parl’intention de ceux de qui le monarque latient, & par les loix fondamentales deson état. Comme les peuples qui viventfous une bonne police, font plus heureuxque ceux qui, fans réglés & fans chef,errentdans les forêts ; aussi les monarques quivivent fous les loix fondamentales de leurétat sont-ils plus heureux que les princesdespotiques, qui n’ont rien qui puisse ré-gler le cœur de leurs peuples, ni le leur.(D./.)

Monarchie Élective, {Gouver-nement politiq.) On appelle ainsi toutgouvernement dans lequel on ne parvientà la royauté que par élection ; c’est fansdoute une maniéré très-légitime d’acquérirla souveraineté, puisqu’elle est fondée surle consentement & le choix libre du peuple.

Lelcction