Band 
Tome vingt-deuxième.
Seite
119
JPEG-Download
 

MON

effets d’ufage , & est donnée comme le prixde toutes choses. On prend quelque mé-tal pour que le signe , la mesure , le prixsoit durable; qu’il se consomme peu parl’usage , & que sans se détruire , il soit ca-pable de beaucoup de division.

On recherche avec empressement i°.d’où la monnaie reçoit sa valeur; 2.°. sicette valeur est incertaine & imaginaire ;

fi le souverain doit faire des change-mens à la monnoie, & fixer la proportiondes métaux. Nous nous proposons de ré-soudre dans ce discours toutes ces ques-tions intéressantes , en empruntant les lu-mières de fauteur des Considérations suries finances.

Pour éviter toute dispute de mots, nousdistinguons ici très-nettement la déno-mination ou valeur numéraire de la mon-noie , qui est arbitraire ; fa valeur intrin-sèque qui dépend du poids & du degré definesse ; & fa valeur accidentelle , qui dé-pend des circonstances du commerce dansî’échange quon fait des denrées avec lamonnoie. Ainsi la monnoie peut être dé-finie une portion de ce métal, à laquelle leprince donne une forme , un nom , & uneempreinte , pour certifier du poids & dutitre dans l’échange qui s’est pu faire avectoutes les choses que les hommes veulentmettre dans le commerce.

M. Boizard nous donne une idée diffé-rente de la monnoie ; car il la définit uneportion de matière à laquelle f autorité pu-blique a donné un poids & une valeur cer-taine , pour servir de prix à toutes chosesdans le commerce.

La monnoie ne reçoit point fa valeur del’autorité publique , comme M. Boizardprétend : î’empreinte marque son poids &Ion titre : elle fait connoître que fa pieceest composée de telle quantité de matière,de telle finesse, mais elle ne donne pasla valeur c’est la matière qui en fait lavaleur..

Le prince peut appeller une piece devingt sols un écu , & la faire recevoir pourquatre livres. C’est une maniéré de taxersos sillets qui sont obligés de la recevoir furce pié ; cependant il n augmente pas lapiece de vingt sols , elle passe pour quatrelivres : mais une livre alors ne vaudroit

MON 119

| que ce que cinq sols valoient avant ce re-I haussement.

Si le prince donnoit la valeur à lamonnoie , il pourroit donner à l’étain ,au plomb, ou aux autres métaux fabriquésen pieces d’une once , la valeur d’un écu ,& les faire servir dans le commerce ,comme la monnoie d’argent sert présen-tement. Mais quand le prince auroit donnéla fabrique , & le nom d’écu à une onced’étain , le sujet ne donneroit pas desmarchandises de la valeur d’un écu pourl’écu d’étain , parce que la matière dequoi il est fait , ne le vaut pas.

La monnoie n’est pas une valeur certai-ne , comme M. Boizard le dit encore ;car, quoique le prince n’y fasse aucunchangement, que les espece ; soient con-tinuées du même poids & titre , & exposéesau même prix, pourtant la monnoie estincertaine en valeur.

Pour prouver cela , je ferai voir d’oùles effets reçoivent leur valeur , de quellemaniéré cette valeur est appréciée , &:comment elle change.

Les effets reçoivent leur valeur desusages auxquels ils sont employés. S’ilsétoient incapables d’aucun usage , ils neseroient d’aucune valeur.

La valeur des effets est plus ou moinshaute , selon que leur quantité est pro-portionnée à la demande. L’eau n’est pasvendue, on la donne , parce que la quan-tité est bien plus grande que la demande.Les vins sont vendus , parce que la de-mande pour les vins est plus grande quela quantité.

La valeur des effets change , quand laquantité ou la demande change. Si les vinssont en grande quantité , ou que la de-mande pour les vins diminue , le prixbaisse. Si les vins sont rares , ou que lademande augmente , le prix hausse.

La bonne ou la mauvaise qualité des-effets , & la plus grande ou la moindredes usages auxquels ils sont employéssont comprises. Quand je dis que leur va-leur est plus ou moins haute , selon que la;quantité est proportionnée à la demande.La meilleure ou plus mauvaise qualitén’augtnente ni ne diminue le grix.,. qjj’ài