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Tome vingt-deuxième.
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ayant été tirées des moules , on les éten-doit fur Penclume , après les avoir faitrecuire ; ce qm s’appelloit battre La chaude.Après qu’elles étoient suffisamment bat-tues , on les coupoit en marceaux j cequ’on nommoit couper carreaux , voye\Carreaux. Ces carreaux étoient enfuiesrecuits & slatis, voye\ Flatxr , c’est-à-dire recuits & étendus avec le marteauappel lé jlatoir puis ajustés , ce qu’onfaisoit en coupant les angles avec des ci-sailles ; après quoi , en les coupant &arrondissant, on les reduisoit au poids desdt'néraux , voye\ Deneral, suivant lesespeces ; ce qu’on appelloit approcher car-reaux. Enfin on les réchaussoit , voye\Réchauffer , fur l’enclume , c’est-à-dire qu’on achevoit de les arrondir avecun marteau nommé réchaujfoir , voye^RéCHAUFFOIR , qui rabatíoit les pointesqui restoient encore à la tranche ; ensortequ’on les réduisoit au volume des piecesqu’on vouîoit fabriquer ; ce qu’on appelloitadoucir , quelquefois flatir.

Les carreaux en cet état se nommoient.flancs : on portoit les flancs au blanchiment,voy. Blanchiment, comme on fa dit àP article précédent, ensuite on les donnoitaux monnoies pour les frapper au marteau.

Pour cette derniere opération qui ache-voit la monnoie , cn se servoit de deuxpoinçons ou coins, Pun nommé la pile ,voyei Pile , & Pautre , trousseau, voyeiTrousseau. Tous deux étoient gravésen creux ; la pile portoit Pécussjn , & letrousseau P effigie du prince , ou la croix ;& Pautre, leur légende , & le grenetis,le millésime , yoye\ Millésime.

La pile qui avoir environ huit poncesde hauteur , avoir une espece de talon aumilieu , & finiísoient en pointe ; elle avoircette figure, pour être plus facilementenfoncée, & plus solidement attachée aubillot nommé cépeau , voye\ CÉPEAU ,sur lequel on battoir la monnoie.

Le monnoyeur ayant mis le flanc hori-sor, taie ment sur la pile , & le couvrantensuite du trousseau qu’il tenoit ferme dela main gauche , il donnoit fur ce trous-seau plusieurs coups d’un maillet de ferqu’il tenoit de la main droite , plus ouítîQjny, suivant, que l’ernpreinte des coins

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étoít plus ou moins gravée profondément.Si le flanc , après ces premiers coups ,n’avoit pas été suffisamment frappé , onle rengrevoit, voye{ Rengrever , c’est-à - dire qu’on le remettoit entre îa pile& le trousseau , jusqu’à ce que les em-preintes de Pun ou de l’autre fussent par-faitement marquées.

Ainsi s’achevoienr les diverses especesde monnoies au marteau , qui , non plusque celles que Pon fait aujourd’hui au la-minoir , n’avoient cours qu’après que ladélivrance en avoir été faite par les juges-gardes.

MONNOYAGE , ( Hôtel des monnaies. )lieu où Pon frappe les monnoies. Il y atrente villes en France , où Pon bat mon-noie ( il en faut excepter Angers où l’onn’a jamais fabriqué ) ; elles font citées àParticle déférent, avec leurs lettres , cha-que hôtel en ayant une.

11 y a dans chaque hôtel de monnoie ,pour la régie , deux juges-gardes, un direc-teur,un contrôleur, un graveur des ajusteurs& monnoyeurs , dont le nombre n’est paslimité. Dans celle de Paris il y a de plusun directeur général, un trésorier général,un contrôleur général , un graveur géné-ral , un essayeur général , qui le sont detoutes les monnoies de France ; de plus,un receveur & un contrôleur au change.

Pour la justice dans quelques-unes, ungénéral provincial , qui a séance à la courdes monnoies, les deux juges-gardes , unprocureur du roi, des huissiers.

Il y avoir en France deux cours desmonnoies , savoir , Paris & Lyon ; celle deLyon est supprimée depuis quelques an-nées. II y a de plus une chambre des mon-noies à Metz , une à Dole , & une autreà Pau.

MONNOYAGE , à la monnoie , lieuoù est placé le balancier , & conséquem-ment où Pon marque les flancs.

11 y a dans Pliótel des monnoies deParis, un inspecteur du monnayage : cesont les juges-gardes qui ont cette inspec-tion dans les provinces.

La chambre du monnayage est ie lieuoù les officiers monnoyeurs s’aílémblent,soit pour leurs délibérations , ou autre;chose de cette nature.