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marque est très-importante pour les ob-servateurs que ce voiíìnage pourroit in-duire en erreur , s’iîs ne faisoient qu’uneattention superficielle aux choses. Lesmontagnes récentes , en s’appuyant , com-me il arrive d’ordinaire , fur les côtésdes montagnes primitives qu’elles entou-rent , finistent par aller se perdre insensi-blement dans les plaines.
Le parallélisme qu’observent les couchesdont les montagnes récentes font compo-sées n’est point toujours parfaitement exact;*ces couches depuis leur formation ontéprouvé des révolutions & des change-mens , qui leur ont fait faire des coudes,des sauts , c’est-à-dire , qui c r, t fait tan-tôt remonter , tantôt descendre en terre ,& qui tantôt ont tranché quelques-unesde leurs parties ; des roches & des matiè-res étrangères font venues les couper ende certains endroits ; ces irrégularités ontété vrai (semblablement produites par destremblemens de terre , par des affaissé—mens d’une portion des montagnes , pardes fentes qui s’y font laites & qui se sontensuite remplies de nouvelles roches, &c.
Les montagnes .récentes diffèrent aussientr’elles pour le nombre & l’épaisseurdes couches ou des lits dont elles íontcomposées ; dans quelques-unes on a trouvéjufqu’à trente ou quarante litsquisesuccé-doient ; dans d’autres, on n’en a rencontréque trois ou quatre. Mais voici une ob-servation générale que M. Lehmann, aprèsdès remarques constantes & multipliées ,assure n’avoir jamais trouvé démentie ,c’est que dans les montagnes récentes &composées de couches, la- couche la plusprofonde est toujours celle du charbonde terre , elle est portée fur un gravierou fable grosser & ferrugineux. Au dessusdu charbon de terre , on rencontre lescouches d’ardoile, de schiste , ou de pierrefeuilletée. Et enfin, la partie supérieuredes couches est constamment occupée parla pierre à chaux & par les fontaines sa-lées. On sent de quelle utilité peut êtreune pareille découverte , lorsqu’il s’agirad’établir des travaux pour {'exploitationdes mines ; & , en faisant attention à ladistinction que nous avons donnée desmontagnes , on saura la nature des subs-
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tances que l’on pourra esperer d’y trouverlorsqu’on y voudra fouiller. Personne n’amieux fait sentir cette distinction que M.Lehmann, de l’académie royale des Scien-ces de Berlin , dans son Egai d’une his-toire naturelle des couches de la terre ,qui forme le III e . vol. de la traductionfrançoise des œuvres de ce savant physi-cien , que j’ai publiée en 1759.
On a déjà fait remarquer que toutes lesmontagnes , de quelque nature qu’ellessoient, sont sujettes à éprouver de très-grands changements. Les eaux du ciel,les torrents en arrachent souvent des par-ties considérables & des quartiers de ro-chers qui font portés dans les plaines quel-quefois à des distances étonnantes, & cesmêmes eaux y creusent des précipices. Lestremblements de la terre y produisentdes fentes , les eaux intérieures y fontdes grottes & des excavations qui causentquelquefois leur affaissement total. Pline& Strabon nous apprennent que deuxmontagnes du voisinage de Modene sesont rapprochées tout-à-coup pour n’enfaire plus qu’une feule.
Plusieurs montagnes vomissent des flam-mes , ce font celles que l’on nomme vol-cans : voyez cet article. .Quelques-unes,après avoir été des volcans pendant plu-sieurs siécles , cçssent tout-à-coup-de vo-mir du feu : & font remplacées par d’autresmontagnes qui commencent alors à présen-ter les mêmes phénomènes.
Les montagnes varient pour les aspectsqu’elles nous présentent, qui font quelque-fois très-singuliers. Telle est la montagneinaccessible que l’on met au rang des mer-veilles du Dauphiné ; elle restèmble á uncône renversé , n’ayant par sa base quemille pas de circonférence , tandis qu’elleen a deux mille à son sommet.
On voit à Aderbach en Bohème unesuite de montagnes ou de masses de rochersde grès, qui représentent le coup d’œil d’unerangée de colonnes ou de piliers sembla-bles à des ruines ; quelques-uns de ces pi-liers font comme des quilles appuyées fur lapointe. II paroît que cet assemblage demastès isolées a été formé par les eaux , quiont peu-à-peu excavé & miné le grès qui lecompose. M. Gmelin dit avoir vû en Sybe-