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rie plusieurs montagnes ou rochers qui pré-sehtoient le méme aspect.
Après avoir fait voir les différences quise trouvent entre les montagnes primitives& celles qui forte récentes, il fera à proposde rapporter les senti mens des plus célébrésphysiciens fur leur formation ; les opinionsfur cette matière font très-partagées, ainsique fur beaucoup d’autres, & l’on verra quefaute d’avoir distingué les montagnes de lamaniéré qui a été indiquée , on est tombédans bien des erreurs, & l’on a attribué unemême cause à des effets tout différons.
Thomas Burnet a cru qu’au commence-ment du monde notre globe étoit uni &fans montagnes , qu’il étoit composé d’unecroûte pierreuse qui servoit d’enveloppeaux eaux de l’abîme ; qu’au temps du dé-luge universel , cette croûte s’est crevéepar feffont des eaux, & que les monta-gnes ne font que les fragmens de cettecroûte dont une partie s’est élevée , tandisqu’une autre partie s’est enfoncée.
Woodward admet des montagnes tellesque nous les voyons dès avant le déluge ,mais i! dit que dans cette catastrophe tou-tes les substances dont la terre étoit com-posée , ont été dissoutes & mises dans l’étatd’une bouillie , & qu’ensuite les matièresdissoutes se sont déposées & ont formé descouches en raison de leur pesanteur spécifi-que. Ce sentiment a été adopté par le célé-bré Scheuchzer , & par un grand nombreCe naturalistes , qui n’ontpas fait attentionque quand même on admettroit cette hy-pothèse pour les montagnes récentes & for-mées par couches, elle n’étoit pas propre àexpliquer la formation des hautes monta-gnes que nous avons appellées primitives.
Ray suppose des montagnes dès le com-mencement du monde , qui, selon lui, ontété produites par ce que la croûte de la terrea été soulevée par les feux souterreins, àqui cette croûte ótoit un passage libre , &dans les endroits oìkces feuxse sont fait uneissue, il s ont formé des montagnes par l’a-bondance des matières qu’ils ont vomi ;cependant il suppose que dans le commen-cement la terre étoit entièrement couverted’eau. Ce sentiment de Ray a été suivi parLazaro Moro qui l’a poussé encore plus loin& qui voyant qu’en Italie tout le terrein
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avoit été culbuté par des volcans & destremblemens de terre, qui quelquefois ontformé des montagnes , en a fait une réglégénérale , & s’est imaginé que toutes lesmontagnes avoient été produites de cettemaniéré. En effet, la montagne appelléemonte di Cintre , qui est dans le voisinagedePouzzolle , a été produite par un trem-blement de terre en 1538. Mais on pour-roit demander d’oùTont venus les bitumes,les charbons de terre , & les autres matiè-res inflammables qui servent d’aliment auxfeux souterreins, & comment ces substan-ces qui font dûes au régné végétal, ont-elles été enfouies dés la création du mondedans le sein de la terre. D’ailleurs on nepeut nier que quelques montagnes n’aientété produites de cette façon 3 mais ellesfont très-différ entes des montagnes primi-tives & des montagnes formées par cou-ches.
Le célébré Leibnitz dans fa Protogee ,suppose que la terre étoit au commence-ment toute environnée d’eau , qu’elle étoitremplie de cavités , & que ces cavités ontoccasionné des éboulemens qui ont produitles montagnes & les vallées. Mais on nenous apprend point ce qui a produit cescavités, & d’ailleurs ce sentiment n’expli-que point la formation des montagnes parcouches.
Emmanuel Swedenborg croitque les en-droits où l’on trouve des montagnes ontété autrefois le lit de la mer , qui couvroitune portion du continent qu’elle a été forcéd’abandonner depuis ; ce sentiment esttrès-probable, & le plus propre à expliquerla formation des montagnes composées decouches , mais il ne suffit point pour faireconnoítre sorigine des montagnes primi-tives.
M. Schulze ayant publié en 1746 uneédition allemande de ¥ histoire naturelle dela Suiste du célébré Scheuchzer , il y ajoint une dissertation fur l’origine dasmontagnes ; dont on croit devoir donnerici le précis. Il suppose i°. que la terre n’apoint toujours tourné fur son axe , & qu’aucommencement elle étoit parfaitementsphérique , d’une consistance molle , &environnée d’eau ; z°. lorsque la terrecommença à tourner sur son axe, elle a dû
s’applatir