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Tome vingt-deuxième.
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coupe la Guyanne & borde toute 3a côte jdu Bréfd & du Paraguay. Si on parcourtl’Amérique septentrionale , on trouverasemblablement de vastes chaînes de mon-tagnes qui serpentent dans la nouvelleEspagne , dans le nouveau Mexique ,dans la Louisiane , le long de la Caroline,de la Virginie , du Maryland & de laPensylvanie.

Ne croiroit-on pas à cet étalage detroncs, de branches & de rameaux ,qu’il ne s’agit point ici de ces monts sour-cilleux qui se perdent dans les nues, &séparent les plus grands royaumes du globeterrestre , mais qu’il est question des ra-mifications de l'aorte , de la veine cave,ou des nerfs sympathiques ? Il est ce-cepcndant vrai que je ne puis guere m’ex-pliquer autrement, & que les principalesmontagnes de l’univers ont entr’elles unenchaînement aster semblable à celuiqu’ont les nerfs , les vertèbres ou les vais-seaux sanguins. Le comte de Marsillyavoit eu le projet, fur la fin de fa vie , deprouver cette singulière connexion desmontagnes. Son livre devoir être intituléOJfatura terrœ , YOjsature de la terre ;& le titre étoit ingénieux dans l’idée d’unphysicien qui regardoit les montagnes furle globe , comme s anatomiste regarde lescôtes & les os dans la charpente du corpsde l’animal.

Mais toutes les montagnes de la terrene se continuent pas par une chaîne plusou moins grande. II en est de considérablesqui font très-isolées, comme s Etna , leVésuve , le Pic d’Adam, le Pic de Téne-riffe & quantité d’autres.

S’il y en a d’une extrême hauteur ,comme nous. savons, dit, il s’en trouveausti d’une hauteur médiocre, commefont la plupart des montagnes de France& d’Allemagne ; il y en a même fansnombre de très-peu élevées , & qui neméritent que le nom de coteaux ou decollines.

Il régné quantité de différences dansleur structure , qui doivent être obser-vées. II y a par exemple , des montagnesdont la cimç se termine en pointe ; d’au-tres au haut desquelles on trouve uneplaine assez spacieuse , 6c quelquefois mê-

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me des lacs poissonneux ; d’autres au con-traire n’ont que des roches dépouillées deverdure ; d’autres n’ont pour sommet qued’affreuses maslês de glaces comme lesglaciers de Suisse , en un mot, on trouveune variété prodigieuse dans la confor-mation des montagne s ; & cette variétéen met beaucoup dans les avantages oudésavantages qu’elles procurent aux paysfur lesquels elles dominent.

Les unes produisent des métaux, desminéraux, des pierres précieuses ; d’au-tres du bois pour bâtir ou pour le chauf-fage ; d’autres de gras pâturages ; d’au-tres sont couvertes d’une pelouse sous la-quelle on trouve des veines de marbre ,de jaspe ou autres pierres , dont les hom-mes ont tiré de l’agrément ou de futilité.Voye^ Varticle précédent.

11 y a des montagnes qui jettent de lafumée , des cendres ou des flammes xcomme l’Etna, le Vésuve , l’Hécla & plu-sieurs autres : on les nomme volcans „Voyez /’article VOLCAN.

Quelques montagnes ont le sommetcouvert d’une neige qui ne fond jamais \d’autres n’ont point de neige , & d’autresn’en ont que pendant une partie de l’an-née , plus ou moins longue : cela dépendde leur hauteur , de leur exposition , duclimat & de la rigueur ou de la douceurdes saisons. Les Allemands appellent berg ,une montagne , & les Espagnols Jierra ,voyei Sierra.

Les abîmes sont opposés aux montagnes.Il y a des montagnes qui en enfermententr’elles de si profonds 6c de si affreux ,que l’on ne peut en soutenir la vue fansque la tête en tourne : c’est ce qu’onnomme des précipices. 11 y a finalement „telle montagne dont le passage est très-dangereux, ou absolument impossible àcause de ces précipices. ( D. J.)

Montagne de glaces , ( Physi. &Navigat. ) on nomme montagnes de gla-ces ces amas immenses de glaces , tant enétendue qu’en hauteur , qu’on rencontredans les mers du Nord , le Groënland ,de Spitbergen, dans la baie de Bassin ,le détroit de Hudson & autres mers sep-tentrionales.

Ces glaces entassées font si monstrueuses,