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qu’il y en a de quatre ou cinq cent ver-ges , c’est-à-dire de douze ou quinze centpies d’épaisseur ; c’est fur quoi je pour-rois citer les relations de plusieurs voya-geurs : mais ces citations ne nous expli-queroient point comment ces montagnesprodigieuses se forment. Pluíieurs auteursont eslàyé de résoudre cette question ,entr’autres le capitaine Middleton an-glois, qui a donné à ce sujet les conjec-tures les plus vraissemblables.
Le pays, dit-il , est fort élevé tout lelong de la côte de la baie de Caffin, du dé-troit de Hudíòn , &c. & il l’est de centbraises ou davantage , tout près de lacôte ; ces côtes ont quantité de golfes ,dont les cavités font remplies de neiges& de glaces gelées jusqu’au fond , à causede l’hiver presque continuel qui régnédans ces endroits. Ces glaces íe détachent& font entraînées dans le détroit, où ellesaugmentent en masse plutôt qu’elles nediminuent, l’eau étant presque toujoursextrêmement froide pendant les mois del’été. Elles refroidissent aussi tellementl’air, qu’il se fait un accroissement conti-nuel à ces montagnes de glaces , par l’eaude la mer qui les arrose à chaque instant,& par les brouillards humides & très-fré-quens dans ces endroits , qui tombent enforme de petite pluie, & se congèlent entombant fur la glace. Ces montagnesayant beaucoup plus de profondeur au-destous de la surface de la mer qu’elles nes’élèvent au-dessus, la force des vents nepeut pas faire grand effet fur elles pourles mouvoir. car quoique le vent souffledu côté du nord-ouest pendant presqueneuf mois de Tannée, & que par-là cesîles soient poussées vers un climat pluschaud , leur mouvement est néanmoinssi lent, qu’il leur faudroit un fiecle pouravancer cinq ou six cent lieues vers le sud.
Les amas de glaçons qu’on voit prèsdu Groënland , ont commencé par se dé-tacher des grandes rivières de Moscovie ,en flottant dans la mer où ils se fontaccrus chaque année par la chûte de laneige qui ne s’est pas fondue pendantl’été, en aussi grande quantité qu’elleétoit tombée. De plus, l’eau des vaguesde la mer qui se brisent fans cesse contre
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les masses de glace & qui en réjaillissent ,ne manque pas de se geler à son tour ,& forme insensiblement dans ces contréesfroides, des masses énormes & anguleu-ses de glace, comme le remarquent ceuxqui navigent en Groënland. On voit deces montagnes de glace s’élever au-deísesde l’eau aussi haut que des tours , tandisqu’elles sont enfoncées sous l’eau jusqu’àla profondeur de quarante brasses, c’est-à-dire plus de deux cent pies. Voilà pour-quoi les navigateurs rencontrent dans lesmers du Nord, des montagnes de glace
S ui ont quelques milles de tour, & quiottent fur mer comme de grandes iles.On en peut lire les détails dans la pêche deGroënland, par Zordrager. {D. J.)
§. Montagnes, Attraction desMONTAGNES , ( Phyf. ) L’effet de Y at-traction des montagnes le remarque sur-tout dans les opérations par lesquelles ondétermine la grandeur des degrés de laterre , parce qu’on y fait usage du fil-á-plomb , pour mesurer la distance des étoi-les au zénith.
Le P. Boseowich ayant trouvé le degrédu méridien en Italie de $6979 toises,tandis qu’il auroit dû être de 57110, enle réglant fur ceux du nord & du Pérou,a pensé que les termes de la mesure étantplacés Tun au nord & T autre au midi dela grande chaîne des montagnes de TAp-pennìn , les observations faites par lemoyen du fil-à-plomb , avoient pu êtretroublées par Y attraction de cette massede montagne , & donner un moindrenombre de toises pour chaque degré.
M. de la Caille pensoit auiïî qu’à Perpi-gnan le voisinage des Pyrénées avoit pufaire dévier le fil-à-plomb vers le sud ;faire paroître le zénith plus au nord qu’ilne Test réellement , & rendre plus petitsles arcs compris entre Perpignan & lesautre villes de la France ; aussi voyons-nous que (M. de la Caille abandonne ,pour ainsi dire , les observations faites àPerpignan , pour conclure la longueur dudegré , dont le milieu passe à 45° delatitude ^7028 toises. Me'tn.Acad. 1758.pag. 244.
Le P. Beccaria a trouvé en Piémontune différence encore plus grande ; entre