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Tome vingt-deuxième.
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Tout un peuple la suit, sa naïve allégresseFit à tout l’Apennin répéter ses clameurs ;

Leurs fronts font couronnés de ces fleurs que la

Grece

Aux champs de Marathon , prodiguait aux vain-queurs.

A un quart de lieue de Morat , on voitsur le grand chemin d’Avenche , une cha-pelle autrefois remplie d’ossements desBourguignons qui périrent au íìege & à labataille de 1476. Au-deífous de la portede la chapelle dont je parle , on lit cetteinscription lìnguliere , que les Suiífes yont fait graver : Deo. Opt. Max. Caroliinclyti , & fortijjimi Burgundiœ ducis ,exercitus Muratum objîdens , ab Helvetiiscœjus , hoc Jui monumentum reliquit an-no r476.

Le territoire de Morat est un pays devignes , de champs, de prés, de bois &de marais. Son lac joint à un canal quise rend au lac d’Yverdun & de Neuchâ-tel , y répand du commerce. Le lac deMorat peut avoir 25 brasses de profon-deur , & nourrit du poisson délicat.

Le bailliage de Morat appartient encommun aux cantons de Berne & de Fri-bourg , & l’on y parle , comme dans laville, les deux langues , l’allemand & lefrançois , ou romand ; mais tout le bail-liage est de la religion protestante. Ellefut établie dans Morat en 1530 , à lapluralité des voix , en présence des dépu-tés de Berne & de Fribourg. Le reste dubailliage imita bientôt Pexemple des ha-bitants de la ville.

Elle est en partie située fur une hauteurqui a une belle esplanade , en partie aubord du lac de son nom , à 4 lieues O.de Berne , & pareille distance N. E. deFribourg.. Lcngit. 24. 56. Latitude 47.(D. J.)

MORANKGAST, ( Hisi. nat.Botan.)grand arbre des Indes orientales. Ses feuil-les font petites & rondes ; ses rameauxont beaucoup d’étendue : il produit dessiliques remplies d’une espece de feves queles habitants des Maldives mangent très-communément.

MORATOIRES LETTRES , htterœmoratoriœ. ( Jurifpr, ) C’est ainsi qu’on

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nomme en "Allemagne , des lettres quel’on obtient de l’empereur & des étatsde l’empire, en vertu desquelles les créan-ciers doivent accorder à leurs débiteursun certain temps marqué par ces lettres,pendant lequel ils ne peuvent point lesinquiéter. Suivant les îoix de l’empire,les lettres moratoires ne doivent s’accor-der que fur des raisons légitimes & vala-bles ; & celui qui les obtient, doit don-ner caution qu’il payera ce qu’il doit ,lorsque le délai qu’il a demandé sera ex-piré. Les lettres moratoires sont la mêmechose que ce qu’on appelle lettres d’étaten France. (—)

MORAVA , LA , ( Ge'ogr. ) riviere deMoravie r de Hongrie & d’Autriche ; ellea sa source aux confins de la Boheme , &court entre l’Autriche & la Hongrie, juf-qu’au Danube.

Morava LA , (Ge'ogr.) le Margusdes Latins ; les Allemands rappellent derMaher , & les Bohémiens , Mora’wska-\emir , riviere de la Turquie européennequi prend fa source aux confins de la Bo-hême , passe dans la Moravie , & se jettedans le Danube. ( D. J. )

MORAVES ou FRERES UNISMoraves , Moravites on Freres unis ,,secte particulière & reste de Hussites, ré-pandus en bon nombre íúr les frontières,de Pologne , de Boheme & de Moravie ;d’où selon toute apparence , ils ont prisle nom de Moraves : on les appelle encoreHernheutes , du nom de leur principale ré-sidence en Lusace , contrée d’Allemagne.

Ils subsistent de nos jours en plusieursmaisons ou communautés , qui n’ont d’au-tre liaison entr’elles , que la conformitéde vie & d’institut. Ces maisons font pro-prement des agrégations de séculiers ,gens mariés & autres , mais qui tous nefont retenus que. par le lien d’une sociétédouce & toujours libre ; agrégation oùtous les sujets en société de biens & detalents, exercent différents arts & pro-fession au profit général de la communau-té j de façon néanmoins que chacun ytrouve aussi quelque intérêt qui lui estpropre. Leurs enfants font élevés en com-mun aux dépens de la maison , & on les yoccupe de bonne heure, u’une maniéré.