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Tome vingt-deuxième.
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munautés d’Auvergne beaucoup plus an-ciennes & plus connues , on nomme entète les Quitard-Pinou comrne ceux quidu temps de plus loin & qui prouvent cinqcens ans d’a/íòciation , on nomme encoreles Arnaud, les Pradel, les Bonnemoy,le Tournel & les Anglade , anciens &sages roturiers , dont l’origine se perddans l’obfcurité des temps , & dont leshabitations font situées dans la baronniede Thíers en Auvergne , où ils s’occupentuniquement à cultiver làs propres do-maines.

Chacune de ces familles forme différen-tes branches qui habitent une maison com-mune , & dont les enfants fe marient en-semble , de façon pourtant que chacundes consorts n’établit guere qu'un fils dansla communauté pour entretenir la bran-che que ce fils doit représenter un jouraprès la mort de son pere ; branche aureste dont ils ont fixé le nombre par uneloi de famille qu’íls se sont imposée, enconséquence de laquelle ils marient au-dehors les enfants surnuméraires des deuxsexes. De quelque valeur que soit la por-tion du pere dans les biens communs,ces enfants s’en croient exclus de droit,moyennant une somme fixée différem-ment dans chaque communauté , & quiest chez les Pinou de $co livres pour lesgarçons, & de 200 pour les filles.

Au reste , cet usage tout consacre' qu'ilest par son ancienneté & par l’exactitudeavec laquelle il s’observe , ne paroît gueredigne de ces respectables associés. Pour-quoi priver des enfants de leur patrimoi-ne , & les chasser malgré eux du sein deleur famille ? N’ont-ils pas un droit na-turel aux biens de la maison , & sur-toutà l’inestimable avantage d’y vivre dansune société douce & paisible, àl'abri desmisères & des sollicitudes qui empoison-nent les jours des autres hommes ? D’ail-Jeurs l’aílbciation dont il s’agit étant es-sentiellement utile , ne convient-il paspour i’honneur & pour le bien de l’huma-nité, de lui donner le plus d’étendue qu’ilest possible ? Supposez donc que les terresactuelles de la communauté ne suffisent paspour occuper tous ses enfants , il feroitfiìsç avec le prix de leur légitime, de faire

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de' nouvelles acquisitions ; & si la provi-dence accroît le nombre des sujets , iln’est pas difficile à des gens unis & labo-rieux d’accroître un domaine & des bâti-ments.

Quoiqu’il en soit , le gouvernement in-térieur est à-peu-près le mëme dans toutesces communautés, chacune se choisit unchef qu’on appelle maître ; il est chargé del’inspection générale & du détail des affaires;il vend , il achete , & la confiance qu’ona dans son intégrité lui épargne l’embarrasde rendre des comptes détaillés de son ad-ministration ; mais fa femme n’a parmi lesautres personnes de son sexe que le dernieremploi de la maison, tandis que l’épousode celui des consorts qui a le dernier emploiparmi les hommes, a le premier rang parmiles femmes , avec toutes les fonctions & letitre de maîtresse. C’est elle qui veille àla boulangerie , à la cuisine , &c. qui faitfaire les toiles, les étoffes & les habits &qui les distribue à tous les conforts.

Les hommes, à l’exception du maîtrequi a toujours quelque affaire en ville ,s’occupent tons également aux travaux or-dinaires. Il y en a cependant qui font par-ticulièrement chargés l’un du foin des bes-tiaux & du labourage , d’autres de la cul-ture des vignes ou des prés , & de l’entre-tien des futailles. Les enfans font soigneu-sement élevés, une femme de la maisonles conduit à l’école , au catéchisme , à lamesse de paroisse , & les ramone. Du restechacun des consorts reçoit tous les huitjours une légere distribution d’argent dontil dispose à son gré , pour ses amufemensou ses menus plaisirs.

Ces laboureurs fortunés sont réglés dansleurs mœurs, vivent fort à l’aise & fontfur-tout fort charitables , ils le sont mêmeau point qu’on leur fait un reproche de cequ’ils logent & donnent à souper à tous lesmendians qui s’écartent dans la campagne ,& qui par cette facilité s’entretiennentdansune fénéantife habituelle, & font métierd’être gueux & vagabons ; ce qui est unapprentissage de vols & de mille autres dé-sordres.

Sur le modèle de ces communautés, nepourroit-on pas en former d’autres pouremployer utilement tant de sujets ernbar-