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rafles , qui faute de conduite & de talens,& conséquemment faute de travail & d’em-ploi ne sont jamais aufli occupés ni auflîheureux qu ils pourroient hêtre , & quipar-là souvent deviennent à charge au pu-blic & à eux-mêmes.
On n’a guere vû jusqn’ici, que des cé-libataires , des cccléíiastiques & des reli-gieux qui fe soient procuré les avantagesdes aíïòciations ; il ne s’en trouve presqueaucune en faveur des gens mariés. Ceux-cinéanmoins obligés de pourvoir à l’entretiende leur famille , auroient plus besoin queles célibataires, des secours que soumissenttoutes íes sociétés.
Ces considérations ont fait imaginer uneassociation de bens citoyens ,letquels unisentr’eux par les liens de l’honneur & de lareligion , puflênt les mettre à couvert dessollicitudes & des chagrins que le défautde talens & d’emploi rend presque inévi-table ; association de gens laborieux, quifans renoncer au mariage pussent remplirtous les devoirs du chriftianiíhie, & tra-vailler de concert à diminuer leurs peines& à fe procurer les douceurs de la vie ;établissement comme l’on voit , très-dési-rable & qui r.e paroît pas impossible ; onen jugera par le projet suivant.
i°. Les nouveaux associés ne seront ja-mais liés par des vœux, & ils auront tou-jours une entiere liberté de vivre dans lemariage ou dans le célibat, fans être assu-jettis à aucune observance monastique ;mais sur-tout ils ne seront point retenusmalgré eux, & ils pourront toujours feretirer dès qu’ils le jugeront expédient pourle bien de leurs affaires. En un mot, cettesociété fera véritablement une communautéséculière & libre dont tous les membresexerceront différentes professions, arts oumétiers, fous la direction d’un chef & deson conseil, & par conséquent ils ne diffé-reront point des autres laïcs, si ce n’estpar une conduite plus réglée & par ungrand amour du bien public ; du reste , ons’en tiendra pour les pratiques de reli-gion à ce que l’églife prescrit à tous lesfidèles.
2 °. Les nouveaux associés Rappliquerontconstamment & par état à toutes fortesd’exercices &. de travaux , fur íes sciences
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& ssir Ies arts, en quoi ils préféreront tou-jours le nécessaire & le commode à ce quin’est que de pur agrément ou de pure curioíî .té. Dans les sciences, par exemple, on culti-vera toutes les parties de la médecine & dela physique utile ; dans les métiers, on s’at-chera spécialement aux arts íes plus vul-gaires & même au labourage , si l’en Réta-blit à la campagne : d’ailleurs , on n’exi-gera pas un fou des postulans, dés qu’ilspourront contribuer de quelque maniéréau bien de la communauté. Un apprendrades métiers à ceux qui n’en sauront pointencore ; & en un mot, on tâchera demettre en œuvre les sujets les plus ineptes,pourvu qu’on leur trouve un caractère so-ciable , & surtout l’esprit de modérationjoint à l’amour du travail.
3°. On arrangera les affaires d’intérét demaniéré , que les associés en travaillantpour la maison puissent travailler aussi poureux-mêmes ; je veux dire , que chaqueaflocié aura , par exemple, un tiers, unquart , un cinquième ou telle autre quo-tité de ce que ses travaux pourront pro-duire , toute dépense prélevée ; c’est pour-quoi on évaluera tous les mois les exercicesou les ouvrages de tous les sujets, & onleur en payera fur le champ la quotité con-venue ; ce qui fera une espece d’appointe-ment ou de pécule que chacun pourra aug-menter à proportion de son travail & deses talens.
L’un des grands usages du pécule , c’estque chacun fe fournira fur ce fonds le vin ,le tabac & les autres besoins arbitraires, sice n’est en certains jours de réjouisiàncequi seront plus ou moins fréquens, & danslesquels la communauté fera tous les fraisd’un repas honnête / au surplus, comme levin , le café , le tabac , font plus que dou-bler la dépense du nécessaire , & que dansune communauté qui aura des femmes, desenfans, des sujets ineptes à soutenir , laparcimonie devient absolument indispensa-ble ; on exhortera les membres en général& en particulier , à mépriser toutes cesvaines délicatesses qui absorbent l'aisancedes familles , & pour les y engager pluspuissamment, on donnera une gratificationannuelle à ceux qui auront le courage des’en abstenir.