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royaume pour les entreprises & sociétés Jecommerce , les premiers auteurs d’un pa-reil établissement , pourroient s’obligerles uns envers les autres, & se donner mu-tuellement leurs biens & leurs travaux,tant pour eux que pour leurs successeurs ,fans y être expressément autorisés par lacour.
Ce qui pourroit faire croire qu’il n’estpas besoin d’une approbation formelle ,c’est que plusieurs sociétés assez semblables,actuellement existantes, n’ont point été au-torisées par le gouvernement, & pourcommencer par les frétés cordonniers &les freres tailleurs , on fait qu’ils n’ontpoint eu de lettres patentes. De même lescommunautés d’Auvergne subsistent depuisdes" siécles , sons qu’il y ait eu aucune inter-vention de la cour pour leur établissement.
Objections 6 réponse. On ne manquerapas de dire qu’une association de gens ma-riés est absolument impossible ; que ce se-roit une occasion perpétuelle de trouble ,& qn’íníaiiliblement les femmes mettroientla désunion parmi les consorts ; mais cesont-là des objections vagues , & qui n’ontaucun fondement solide. Car pourquoi lesfemmes cauferoient-eiles plutôt du désor-dre dans une communauté conduite avecde la sagesse, qu’elles n’en causent tousles jours dans la position actuelle , où cha-que famille , plus libre & plus isolée , plusexposée aux mauvaises suites de la misere& du chagrin , n’est pas contenue, commeeilele seroit là , par une police domestique& bien suivie ? D’aiîleurs , si quelqu’un s’ytrouvoit déplacé , s’il y paroissoit inquiet,ou qu’il y mit la division ; dans ce cas , s’ilne se retiroit de lui-même , ou s’ií ne secorrigeoit , on ne manquerait pas de lecongédier.
Mais on n’empêcheroit pas, dit - on ,les amours furtives , & bientôt ces amourscauseraient du trouble & du scandale.
A cela je réponds , que l’on ne prétendpas refondre le genre humain ; le cas dontil s’agit arrive déja fréquemment , & sonsdoute qu’il arriverait ici quelquefois ; néan-moins on sent que ce désordre seroit beau-coup plus rare. En esse t, comme l’on se-roit moins corrompu par le luxe > moinsamolli par les délices, &c qu’on seroit plusTome XXII.
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occupé, plus en vue , & plus veillé , onaurait moins d’occaíìon de mal faire , &de se livrer à dçs penchans illicites. Bail-leurs les vues d’intérêt étant alors presquenulles dans les mariages, les seules conve-nances d’âge & de goût en décideraient,conséquemment il y aurctit plus d’union en-tre les conjoints, & par une fuite néces-saire moins d’amours répréhensibles. J’a-) oute que le cas arrivant, malgré la po-lice la plus attentive , un enfant de plus oude moins n’embarrasseroit personne , aitlieu qu’il embarrasse beaucoup dans la po-sition actuelle. Observons enfin, que lesmariages mieux assortis dans ces maisons,une vie plus douce & plus réglée , l’aisanceconstamment assurée à tous les membres ,feraient le moyen le plus efficace pour ef-fectuer le perfectionnement physique denotre eí'pece , laquelle , au contraire , nepeut aller qu’en dépérissant dans toute au-tre position.
Au surplus ; Tordre & les bonnes mœursqui règnent dans les communautés d’Au-vergne , l’ancienneté de cei maisons, &l’estime générale qu’on en soit dans le pays,prouvent également la bonté de leur po-lice & la possibilité de T association pro-posée. Des peuples entiers , à peine civi-lisés , & qui pourtant suivent le mêmeusage , donnent à cette preuve une nou-velle solidité. En un mot, une institutionqui a subsisté jadis pendant des siécles , &qui subsiste enpore presque sous nos yeux ,n’est constamment ni impossible , ni chimí-rique. J’ajoute que c’eít Tunique moyend’assurer le bonheur des hommes , parcsc’est le seul moyen d’occuper utilementtous les sujets ; le seul moyen de les conte-nir dans les bornes d’une sage économie , &de leur épargner une infinité de sollicitudes& de chagrins é qu’il est moralement im-possible d’éviter dans Téta t de désolationoù les hommes ont vécu jusqu’à présent.Article de M. F aigu et , tre'Jòrier de.France. ,
MORAVIE , IA ( Géog. ) provinceannexée au royaume de Bohème , avec ti-tre de Marggraviat. Les Allemands Tap-pellent Mahren ; elle gît bornée au nordpar la Bohème & la Silésie ; à Torient par-tie par la Silène , partie par le mont Kra-
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