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Tome vingt-deuxième.
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bâtiments servoient à faire des tables: Fe-libien ajoute que les anciens maçons pref-crivoient à leurs manœuvres comme unemaxime de le délayer à la sueur de leurssourcils , voulant dire par-là de le mêlerlong-tems au lieu de le noyer d’eau pouravoir plutôt fait.

Outre le mortier ordinaire dont on sesert pour placer des pierres, des briques,Ùc. il y a encore d’autres elpeces de mor rtiers , comme :

Le mortier blanc dont on fe sert pourplâtrer les murs Sc les plafonds , St qui eítcomposé de poil de bœuf mêlé avec de lachaux &í de l’eau sans fable.

Le mortier dont onfe sert pour faire lesaqueducs , les citernes, &c. est très-ferme& dure long-tems. On le fait de chaux Stde graisse de cochon qu’on mêle quelque-fois avec du jus de figues , ou d’autres foisavec de la poix liquide : après qu’on l’a ap-pliqué , on le lave avec de l’huile de lin. V.Citerne.

Le mortier pour les fourneaux fe faitd’argille rouge , qu’on mêle dans de l’eauoù on a fait tremper de la fiente de che-val St de la fuie de cheminée. Voy. Four-neau.

On se plaint journellement du peu desolidité des bâtimens modernes : cetteplainte paroît très-bien fondée , St il estcertain que ce défaut vient du peu de foinque l’on apporte à faire un mortier dura-ble , tandis que les anciens ne négligoienttien pour fa solidité. D’abord la bonté dumortier dépend de la qualité de la chauxque l’on y emploie ; plus la pierre à chauxque l’on a calcinée est dure St compacte ,plus la chaux qui en résulte est bonne. LesRomains sentoient cette vérité , puisque,lorfqu’il s’agissoit de bâtir de grands édifi-ces , ils n’employoient pour l’ordinau-eque de la chaux du marbre. La bonté dumortier dépend encore de la qualité du fa-ble que l’on mêle avec la chaux ; un fablefin paroît devoir s’incorporer beaucoupmieux avec la chaux qu’un fable grossierou un gravier , vû que les pierres qui com-posent ce dernier doivent nuire à la liai-son intime du mortier. Enfin , il paroîtque le peu de solidité du mortier des mo-dernes vient du peu de foin que l’on prend

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pour le gâcher ; ce qui fait que le fable nefe mêle qu’imparfaitement à la chaux.

M. Shaw , célébré voyageur anglois,observe que les habitants de Tunis St descôtes de Barbarie bâtiííènt de nos joursavec la même solidité quelesCarthaginois,Le mortier qu’ils emploient est composéd’une partie de sable , de deux parties decendres de bois, St de trois parties dechaux. On passe ces trois substances au ta-?mis , on les mêle bien exactement, on leshumecte avec de l’eau , St on gâche cemélange pendant trois jours St trois nuitsconsécutives , fans interruption ; pour quele tout s’incorpore parfaitement; St pen-dant ce temps, on humecte alternative-ment le mélange avec de l’eau St avec del’huile : on continue à remuer le tout jus-qu’à ce qu’il devienne parfaitement homo-gène St compacte. Voye\ Shaw , Voyageen Afrique. ( — )

Mortier , ( Jurifprud. ) est une cf-pece de toque ou bonnet qui étoit autrefoisl'habillement de tête commun, St dont ona fait une marque de dignité pour certai-nes personnes.

Le mortier a été porté par quelques em-pereurs de Constantinople , dans la villede Ravene : l’empereur Justinien est re-présenté avec un mortier , enrichi de deuxrangs de perle.

Nos rois de la premiere race ont aussiusé de cet ornement, ceux de la secondeSt quelques-uns de la troisième race s’enservirent aussi. Charlemagne St S. Louisfont représentés dans certaines vieillespeintures avec un mortier ; Charles VI.est représenté en la grand’chambre avec lemortier fur la tête.

Lorsque nos rois quittèrent le palais deParis pour en faire le fiége de lqur parle-ment , ils communiquèrent l’usage du mor-tier St autres ornemens à ceux qui y dé-voient présider afin de leur attirer plus derespect ; le mortier des présidons au par-lement est un reste de l’habit des cheva-liers , parce qu’il est de velours St qu’il ya de l’or.

Le chancelier St le garde des sceauxportent un mortier de toile d’or, bordé Screbrassé d’hermine.

Le premier président du parlement porte