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Tome vingt-deuxième.
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pìtuïtaire épaissie & endurcie , il ne paraîtpas qu’il y ait de remede ; le meilleurparti est de tuer les chevaux , de peur defaire des dépenses inutiles, en tentant laguérison.

Tel est le résultat des découvertes deMM. de la Fosse pere& fils,telles que celui-ci les a publiées dans une dissertation présen-tée à s académie des Sciences, & aprouvéepar ses commissaires.

Auparavant il y avoit ou une profondeignorance , ou une grande variété de pré-jugés fur le siège de cette maladie ; maispour le reconnoitre, dit M. de la Fosse ,il ne faut qu’ouvrir les yeux. En effet,que voit - on lorsqu’on ouvre un chevalmorveux proprement dit, & uniquementmorveux ? On voit la membrane pituitaireplus ou moins affectée, les cornets du nez& les sinus plus' ou moins remplis de pus& de morve , suivant le degré de la ma-ladie , & rien de plus ; on trouve les vis-cères & toutes les autres parties du corpsdans une parfaite santé. 11 s’agit d’un che-val morveux proprement dit, parce qu’ily a une autre maladie, à qui on donnemaî-à-propos le nom de morve ; d’un che-val uniquement morveux , parce que lamorve peut être accompagnée de quelqueautre maladie qui pourrait affecter lesautres parties.

Mais le témoignage des yeux s’appuiede preuves tirées du raisonnement.

i Q . II y a dans le cheval & dans l’hom-me des plaies & des abscès qui n’ont leursiège que dans une partie ; pourquoi n’enferoit-il pas de même de la morve ?

z°. Il y a dans l’homme des chancresrongeans aux levres & dans le nez ; ceschancres n’ónt leur siégé que dans les le-vres ou dans le nez ; ils ne donnent au-cun signe de leur existence après leurguérison locale. Pourquoi n’en seroit - ilpas de même de la morve dans le cheval ?

f. La pulmonie «u la suppuration dupoumon , n’affecte que le poumon ; pour-quoi la morve n’affecteroit-elle pas unique-ment la membrane pituitaire ?

4°. Si la morve n’étoit pas locale ,ou,ce qui est la même chose , si elle venoitde la corruption générale des humeurs ,pourquoi chaque partie du corps, du-

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moins celles qui font d’un même tissu quela membrane pituitaire , c’est-à-dire d’untissu mol , vasailleux & glanduleux , telsque le cerveau , le poumon , le foie , lepencréas, la rate , &c. ne seroient-ellespas affectées de même que la membranepituitaire ? pourquoi ces parties ne se-roient-elles pas affectées , plusieurs & mê-me toutes á la fois , puisque toutes lesparties font également abreuvées & nour-ries de la masse deshumeurs,& que la circu-lation du sang , qui est la source de toutesles humeurs, se fait égaleme t dans toutesles parties ? Or il est certain que dans lamorve proprement dite , tontes les parties 'du corps font parfaitement saines, exceptéla membrane pituitaire. Cela a été démon-tré par un grand nombre de dissections.

50. Si dans la morve la masse totale deshumeurs étoit viciée , chaque humeur par-ticulière qui en émane , le seroit aussi, &produirait des accidents dans chaque par-tie ; la morve seroit dans le cheval , ainsique la vérole dans l’îiomme , un composéde toutes fortes de maladies ; le chevalmaigrirait, souffrirait, languirait, & pé-rirait bientôt ; des humeurs viciées- nepeuvent pas entretenir le corps en fuite.Or on fait que dans la morve le chevalne souffre point ; qu’il 11’a ni fievre ni au-cun mal , excepté dans la membrane pi-tuitairc ; qu’il boit & mange comme àl’ordinaire j qu’il fait toutes les fonctionsavec aisance ; qu’i! fait le même serviceque s’il n’avoit point de mal , qu’il est gai& gras ; qu’il a le poil liste & tous les li-gnes de la plus parfaite santé.

Mais voici des faits qui ne laissent guerede lieu ail doute & à la dispute.

Premier fait. Souvent la morve réaffectela membrane pituitaire que d’un côté dunez, donc elle est locale ; si elle étoitdans la maííè des humeurs , elle devraitau-moins attaquer la membrane pituitairedes deux côtés.

II. Fait. Les coups violents fur le nezproduisent la morve. Dira-t-on qu’un coupporté fur le nez a vicié la masse des hu-meurs ì

III. Fait. La lésion de la membrane pi-tuitaire produit la morve. En 15 59 au moisde Novçthbrç - a Ptçs avoir trépané A