M O S
& de durcir cette croûte , elle s’entrou-vrit, se brisa , & ses masses séparées seprécipitèrent au fond de l’abysme qui lessoutenoit.
De-là la submersion d’une partie duglobe , les gouffres , les vallées, les mon-tagnes , les mers , les fleuves, les riviè-res , les continences , leurs séparations,les iíles & l’aspect général de notre globe.
II part de-là pour expliquer avec aísez defacilité plusieurs grands phénomènes.
Avant la rupture de la croûte , la sphereétoit droite ; après cet événement elles’in-clina. De-là cette diversité-de phénomènesnaturels dont il est parlé dans les mémoi-res qui nous restent des premiers tems , quiont eu lieu , & qui ont cessé ; les âges d’or& de fer > &c.
Ce petit nombre de suppositions lui suffitpour justifier la cosmogonie de Moïse avectoutes ses circonstances.
Il passe de-là à la conflagration générale& à ses suites ; & si l’on veut oublier quel-ques observations qui ne s’accordent pointavec l’hypothese de Burnet , on convien-dra qu’il étoit difficile d’hnaginer rien demieux. C’eít une fable qui fait beaucoupd’honneur à l’esprit de sauteur.
D’autres abandonnèrent la physique , &tournèrent leurs vues du côté de la mo-rale , & s’occuperent à la conformer à laloi de l’Evangile ; on nomme parmi ceux-ci Seckendorf, Boeder, Pafchius, Geuf-lengius, Becman, Weíenfeld , ùc. Lesuns se tirèrent de ce travail avec succès ;d’autres brouillèrent le christianisme avecdifférons systemes d’éthique tant anciensque modernes, & ne se montrèrent ni phi-losophes , ni chrétiens. Voyei la moralechrétienne de Crelius, & celle de Danée ;il régné une telle confusion dans ces ouvra-ges , que l’homme pieux & l’homme nesavent ni ce qu’ils doivent faire , ni cequ’ils doivent s’interdire.
On tenta auffi d’allier la politique avecla morale du Christ, au hasard d’établirpour la société en général des principes quisuivis à la lettre , la réduiraient en un mo-nastère Voy. là-destùs Buddée , Fabricius& Pfaffius.
Valentin Albert! prétend qu’on n’a riende mieux à faire pour poser les vrais fon-
M O S ^ 1/
demens du droit naturel , que de partir del’état de perfection, tel que l’Écriture-sainte nous le représente , & de passer en-suite aux changemens qui se sont introduitsdans le caractère des hommes fous l’étatde corruption. Voyei son Compendtumjuris naturaiis orthodoxie Théologie con-formatum.
Voici un homme qui s’est fait un nomau tems où les esprits vouloient ramenertout à la révélation. C’est Jean Amos Co-menius. 11 naquit à Moravie l’an 1592 . IIétudia à Herborn. Sa patrie étoit alors letheatre de la guerre. 11 perdit ses biens,ses ouvrages & presque sa liberté. II allachercher un asyle en Pologne. Ce fut—làqu’il publia son Janua Linguarum rejerata ,qui fut traduit dans toutes les langues,cette premiere production fut suivie duSynopsis: phifîcœ ad Lumen divinum refor-mate. On l’appella en Suisse & en Angle-terre. II fit ces deux voyages. Le comted’Oxenstiern le protégea , ce qui ne l’em-pécha pas de mener une vie errante &malheureuse. Allant de province en pro-vince & de ville en ville, & rencontrant 1£*peine par-tout , il arriva à Amsterdam. IIaurait pû y demeurer tranquille ; mais ilse mit à faire le prophète, & l’on sait bienque ce métier ne s’accorde guere avec lerepos. II annonçoit des pertes, des guerres,des malheurs de toute espece, la fin dumonde, qui duroit encore , à son grandétonnement, lorsqu’il mourut en 1671 .Cefut un des plus ardens défenseurs de laphysique de Moïse. 11 ne pcuvoit souffrirqu’on la décriât, sur-tout en public & dansles écoles. Cependant il n’étoit pas ennemide la liberté de penser. II disoit du chan-celier Bacon , qu’il avoir trouvé la clef dusanctuaire de la nature ; mais qu’il avoirlaissé à d’autres le foin d’ouvrir. 11 regar-doit la doctrine d’Aristcte comme perni-cieuse ; & il n’auroit pas tenu â lui qu’onne brûlât tous les livres de ce philosophe,parce qu’il n'avoir été ni circoncis ni baptisé.
Bayer n’étoit pas plus favorable à Aris.rote , il prétendoit que fa maniéré de phi-losopher ne conduifoit à rien , & qu’ens’y assujettissant on diíputoit à l’infi-ni , fans trouver un point où l’on pûes’arrêter. On peut regarder Bayer comme