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1631 , dans le village de Richemond. Ilcontinua dans l’université de Cambridgeles études qu’il avoit commencées au seinde sa famille. Il eut pour maîtres Cud-worth , Widdringhton , Sharp & d’autres,qui professoient le platonisme qu’ils avoientressuscité. II s’instruisit profondément dela philosophie des anciens. Ses défauts &ses qualités n’échapperent point â un hom-me qui ne s’en laisioit pas imposer , &qui avoit un jugement à lui. Platon luiplut comme moraliste, & lui déplut com-me cosmologue. Personne n’exerça mieuxla liberté ecclésiastique ; il ne s’en dé-partit pas même dans l’examen de la reli-gion chrétienne. Après avoir épuisé lalecture des auteurs de réputation , il voya-gea. il vit la France , l’Italie & l’Alle-magne. Chemin faisant, il recueillent surla terre nouvelle tout ce qui pouvoit leconduire à la connoissance de l’ancienne.De retour , il publia la premiere partiede la théorie sacrée de la terre, ouvrageoù il se propose de concilier Moïse avecles phénomènes. Jamais tant de recher-ches , tant d’érudition , tant de connois-sances , d’esprit & de talents ne furentplus mal employés. II obtint la faveur deCharles II. Guillaume III. accepta ladédicace la seconde partie de sa théorie ,& lui accorda le titre de son chapelain ,à la sollicitation du célébré TilLtson.Mais notre philosophe ne tarda pas à scdégoûter de la cour , & à revenir à lasolitude & aux livres. II ajouta à fa théo-rie ses archéologues philosophiques , 011les preuves que presque toutes les nationsavoient connu la cosmogonie de Moïsecomme il l’avoit conçue ; & il faut avouerque Burnet apperçut dans les anciens beau-coup de singularités qu’on n’y avoit pasremarquées : mais ses idées fur la nais-sance & la fin du monde , la création,nos premiers parens, le serpent, le dé-luge & autres points de notre foi, nefurent pas accueillies des théologiens avecla même indulgence que des phil.sophes.Son christianisme fut suspect. On le per-sécuta ; cet homme paisible se trouvaembarrassé dans des disputes , & suivi pardes inimitiés qui ne le quittèrent qu’aubord du tombeau. II mourut âgé de 86 ans.
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II avoit écrit deux ouvrages, l’un de I’é-tat des morts & des reílùí'cités, Pautre dela foi & des devoirs du chrétien , dontil laista des copies à quelques amis. II enbrûla d’autres par humeur. Voici Panalyfede son système.
Entre le commencement & la fin dumonde , on peut concevoir des périodes ,des intermédiaires , ou des révolutionsgénérales qui changeront la face de laterre.
Le commencement de chaque périodefut comme un nouvel ordre de choses.
11 viendra un dernier période qui serala consommation de tout.
C’estsur-tout à ces grandes catastrophesqu’il faut diriger ses observations. Notreterre en a souffert plusieurs dont l’histoiresacrée nous instruit, qui nous sont confir-mées par l’histoire profane, & qu’il fautreccnnoître toutes les fois qu’on regarde,à ses piés.
Le déluge universel en est une.
La terre , au sortir du chaos, n’avoitni la forme , ni la contexture que nouslui remarquons.
Elle étoit composée de maniéré qu’ildevoir s’ensuivre une dissolution , & decette dissolution un déluge.
11 ne faut que regarder les montagnes,les vallées, les mers, les entrailles de laterre, fa surface , pour s’assurer qu’il ya eu bouleversement & rupture.
Puisqu’elle a été submergée par le passé,rien n’empêche qu’elle ne soit un jourbrûlée.
Les parties solides se sont précipitées aufond des eaux ; les eaux ont surnagé ; Pairs’est élevé au-dessus des eaux.
Le séjour des eaux & leur poids agissantfur la surface de la terre, en ont conso-lidé l’intérieur.
Des poussières séparées de Pair , & serépandant fur les eaux qui couvroient laterre , s’y sont assemblées , durcies , &ont formé une croûte.
Voilà donc des eaux contenues entre unnoyau & une enveloppe dure.
C’est de-là tju’il déduit la cause du dé-luge , la fertilité de la premiere terre &l’état de la nôtre.
Le soleil & Pair continuant d’échauffei