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Tome vingt-deuxième.
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différenciées particulièrement par leur den-sité & leur rareté.

Dieu a voulu que les premiers individusou restassent dans leur premiere forme,qu’ils en engendrassent de semblablesà eux , imprimant & propageant leursidées & leurs autres qualités.

II ne faut pas compter le feu au nom-bre des éléments, c’est un effet de lalumière.

De ces trois principes naissent les prin-cipes des chimistes.

Le mercure naît de la matière jointe àl’esprit, c’est l’aqueux des corps.

De l’union de l’efprit avec la lumièrenaît le sel, ou ce qui fait la consistancedes corps.

De l’union de la matière & du feu oude la lumière , naît le soufre.

Grande portion de matière au premier ;grande portion d’efprit au second ; grandeportion de lumière au troisième.

Trois choses entrent dans la compositionde l’homme , le corps , I’eíprit & l’ame.

Le corps vient des éléments.

L’esprit, de l’ame du monde.

L’ame de Dieu.

Le corps est mortel, l’esprit dissipable,l’ame immortelle.

L’eíprit est l’organe & la demeure del’ame.

Le corps est l’organe & la demeure del’esprit.

L’ame a été formée de l’ame du mondequi lui préexistoit, & cet e prit intellec-tuel différé de l’esprit vital en degré depureté & de perfection.

Voilà le tableau de la physique mosaï-que de Comenius. Nous'ne dirons de lamorale , qu’il désignoit auffi par l’építhetede mosaïque , qu’une chose ; c’est qu’ilréduisent tous les devoirs de la vie auxpréceptes du Décalogue.

Mosaïque , f. f. ( Art. méchaniq. )on entend par mosaïque non-feulementl’art de tailler & polir quantité de mar-bre précieux de différentes couleurs, maisencore celui d’en faire un choix conve-nable , de les assembler par petites par-ties de différentes formes & grandeurs furun fond de stuc, préparé à cet effet,pour en faire des tableaux représentant

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des portraits, figures , animaux , histoire& paysages, des fleurs, des fruits & toutesorte de desseins imitant la peinture.

On donnoit autrefois différents noms àla mosaïque, à cause de ses variétés ; lesuns l’appelíoient musaïque , du latin mu~fivum , qui signifie en général un ouvragedélicat , ingénieux , & bien travaillé : & ,selon Scaliger, du grec /uwvov , parce queces fortes d’ouvrages étoient polis : eneffet, fioj vov , ív/jLitrov & /aovvntòv se pren-nent en ce sens chez les Grecs ; les autresl’appelloient mufibum , comme on le voitencore dans quelques manuscrits, & sur-tout dans les inscriptions de Gruter ; d’au-tres lui ont donné les noms de musaïcum ,mujeacum & mofiacum , de museis ,comme le rapporte Jean - Louis Vives,lib. XVI. S. Augustin , de civitate Dei ;d’autres encore le font dériver du grectj-yjAíov , mufico cantu , ou d’un mot hé-breu , qui veut dire mélange ; mais Ne-bricensis & quelques autres croient, &ce qui paraît plus vraissemblable , qu’ildérive du grec (*.m va ., muse , parce que,dit-il , il falloit beaucoup d’art pour cessortes de peintures , & que la plupartservaient d’ornement aux muses.

L’ufage de faire des ouvrages de mo-saïque est , selon quelques auteurs , fortancien. Plusieurs prétendent que son ori-gine vient des Perses qui fort,curieux deces sortes d’ouvrages , avaient excité lespeuples voisins à en faire d’exactes recher-ches. Nous voyons même dans l’écrituresainte qu’Assuérus leur roi, fit construirede son temps un pavé de marbre si bientravaillé , qu’il imitoit la peinture. D’au-tres assurent que cet art prit naissance àConstantinople , fondés fur ce que cetteville était de leur temps la seule dontpresque toutes les églises & les bâtimensparticuliers en étoient décorés , & queque de-là il s’est répandu dans les autresprovinces de l’Europe. En eiset, on entransporta des confins de ce royaume chezles peuples voisins d’Assyrie , de-là enGrece , & enfin , selon Pline , du tempsde Sylla, on en fit venir dans le Latiumpour augmenter les décorations des plusbeaux édifices. Ce qu’il y a de vrai, c’estqu’il commenca à paroître vers le temps

d’Auguste