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Tome vingt-deuxième.
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vrages. Ciampinus a fait graver la plusgrande partie de ceux qui lui ont paru lesplus beaux ; on voit aussi dans plusieursde nos maisons royales quelques portraits,paysages , &c. encore existants de ces for-tes d’ouvrages.

On divifoit anciennement les ouvragesde mosaïque en trois eípeces ; la pre-mière étoit de ceux que l’on nommoitgrands , qui avoient environ dix piedsen quarté au-moins ; on les employoit àtout ce qu’on pouvoir appeller payé ,exposé & non exposé aux injures de l’air ;on n’y repréfentoit aucune figure d’hom-mes ni d’animaux , mais seulement despeintures semblables à celles que l’onnomme arabesques. La deuxieme especeétoit de ceux que l’on appelloit moyens ,qui avoient au-moins deux pieds en quar-té , & étoient composés de pierres moinsgrandes, par conséquent en plus grandequantité , & exigeoient aussi plus de dé-licatesse & de propreté que les autres. Latroisième espece étoit de ceux que l’onnommoit petits , ces derniers qui aboientjusqu’à un pied en quarté étoient les pluscompliqués par la petitesiê des pierresdont ils étoient composés , la difficulté deles astèmbler avec propreté, & l’énormequantité des figures qui alloit jusqu’à deuxmillions, Artide de M. Lu co te.

Des outils. Les outils propres aux ou-vrages de mosaïque sont presque lesmêmes que ceux qui appartiennent à lamarbrerie. L’emploi du marbre étant leseul objet de ces deux arts. 11 en est de par-ticuliers à la mosaïque.

i°. On se sert d’une tablette d’en-viron deux cens cases particulières,assemblées les unes contre les autres ,contenant chacune une certaine quantitéde petites pieces de marbre d’une mêmecouleur , appuyé fur une table , polee iurdeux traiteaux d’assemblage.

2°. D’un établi à pies d’assemblage,fur lequel est posé un étau de bois, com-posé de jumelle dormante, jumelle mou-vante , & vis à écroux, dans lequel fontdes petits morceaux de marbre disposéspour être travaillés ; s. d’une ítbille quicontient de l’émeri qui aide à scier lemarbra.

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4°. D’une petite sciote , propre auxouvrages délicats, composée d’un fer &de sa monture de bois.

5°. D’un petit compas droit, propreà lever des distances par ses pointes.

6 °. D’un petit compas à pointes cour-bes , appellé compas d’épais'eur , faitpour lever des épaisseurs par les pointes.

70. D’un archet, composé d’une cordeà boyau , tendue sur un arc de baleine.

8 W . D’un trépan, aciéré & à pointearrondie, ajusté dans la boîte, servantavec le secours de l’archet, à percer destrous. On peut voir dans P art de mar-brerie cette opération de deux maniérésdifférentes.

9°. D’une lime quarrelette d’Angle-terre , emmanchée , faite pour limer &polir le marbre.

10 e . D’une pince , faite pour prendreles petites pieces de marbre , & les ap-pliquer plus facilement fur le mastic ; ilen est de plus pestes ou de plus grandesselon la grandeur des ouvrages.

ii°. D’une pince, faite d’une autre ma-niéré , à charnière. Article de M. Lu-CO TE.

MOSAÏQUE', en Peinture , espece depeinture faîte avec de petites pierres co-loriées &: des aiguilles de verre compas-sées & rapportées eníëmble, de maniéréqu’elles imitent dans leur assemblage , letrait & la couleur des objets qu’on avoulu représenter.

Pour exécuter cet art , il faut avanttoutes choses, avoir le tableau peint,soit en grand , soit en petit, de l’ou-vrage qu’on veut imiter , & avoir a_ssiles desseins au net de la grandeur dechaque partie de l’ouvrage ; ce qu’onappelle cartons. On se sert de petitespierres de toutes sortes de forme & decouleur , qu’on distribue suivant leurnuance , dans différentes boîtes ou pa-niers. Ces petites pierres doivent avoirune face lisse & plate , mais il ne fautpoint qu’elles soient polies à leur surfaceextérieure ; car on n’y verroit pas lacouleur lorsqu’elle réfléchiroit la lumière.Le dessein ou carton de chaque partie del’ouvrage doit être piqué ; cela fait, onmouille un peu la place de l’enduit qui