M O S
a été préparé, comme dans la peintureà fresque ; alors on ponce cette place avecde la pierre noire pilée ; ensuite l’onpasse du mortier très-fin , d’une épaisseurmédiocre & égale, fur chaque endroitqui n’est pas marqué par le trait du des-sein , asm de conserver & de mettre dansles contours les petites pierres, en lestrempant dans le mortier liquide qu ona foin d’avoir auprès de foi. Quand onveut dorer dans cette espece de peinture,on se sert de petites pieces de verre blancépais & doré au feu d’un côté. La mo-Jaïque subsiste d’ordinaire autant que lepavé ou le mur sur lequel elle est em-ployée , sans altération de couleur.
11 nous reste en mosaïque un grandnombre de morceaux de la main desanciens. On voit, par exemple, dansle palais que les Barberins ont fait bâtirdans la ville de Palestrine , à 25 millesde Rome, un grand morceau de mosaïque,qui peut avoir 12 piés de long , fur dixde hauteur, & qui sert de pavé à uneespece de grande niche , dont la voûtesoutient les deux rampes séparées, parlesquelles on monte au premier palier duprincipal escalier de ce bâtiment. Ce su-perbe morceau est une espece de cartegéographique de l’Egypte , & , à ce qu’onprétend , le même pavé que Sylla avoittait placer dans le temple de la FortunePrénestine , & dont Pline parle au vingt-cinquieme chapitre du trente - sixièmelivre de son histoire. II se voit gravé enpetit dans le Latiurn du P. Kircher ;mais en 1721 le cardinal Charles Bar-berin le fit graver en quatre grandesfeuilles. L’ancien artiste s’est servi, pourembellir sa carte , de plusieurs especes devignettes , telles que les Géographes enmettent pour remplir les places vuides deleurs cartes. Ces vignettes représentent deshommes, des animaux , des bâtimens, deschastes, des cérémonies, & plusieurs pointsde l’histoire morale & naturelle de l’Egypteancienne. Le nom des choses qui y fontdépeintes, est écrit au-dessus en carac-tères grecs , à-peu-près comme le nomdes provinces est écrit dans une cartegénérale du royaume de France. On voitencore à Rome & dans plusieurs endroits
M O S 325
de I’Italie, des fragmens de mosaïqueantique, dont la plupart ont été gravéspar Pietro Santi Bartoldi, qui les a in-férés dans ses différens recueils.
Les incrustations de la galerie de sainteSophie à Constantinople sont des mosaï-ques faites la plupart avec des dez deverre, qui se détachent tous les jours deleur ciment ; mais leur couleur est inalté-rable. Ces dez de verre font de véritablesdoublets ; car la feuille colorée de diffé-rente maniéré , est couverte d’une piecefort mince, collée par-dessus : il n’y aque Peau bouillante qui puisle la déta-cher. C’est un secret connu , & que l’onpourroit mettre en pratique, si les mo-saïques revenoient à la mode parmi nous.Quoique supplication de ces deux piecesde verre qui renferme la lame coloréesoit vétilleuse , elle prouve que l’inven-tion des doublets n’est pas nouvelle. LesTurcs ont détruit le nez & les yeux desfigures que l’on y avoit représentées,austì-bien que le visage des chérubins,placés aux angles du dôme.
L’art de la peinture en mosaïque seconserva dans le monde après la chutede l’empire romain. Les Vénitiens ayantfait venir en Italie quelques peintres grecsau commencement du treizième liecle ,Appollonius, un de ces peintres grecs ,montra le secret de peindre en mosaïqueà Taffi, & travailla de concert avec luià représenter quelques histoires de labible dans l’églile de saint Jean de Flo-rence. Bientôt après Gaddo-Gaddi s’exerçadans ce genre de peinture, & répanditses ouvrages dans plusieurs lieux d’Ita-lie. Ensuite Giotto, éleve de Cimabué,& né en 1276, fit le grand tableau demosaïque qui est sur la porte de l’églisede saint Pierre de Rome, & qui repré-sente la barque de saint Pierre agitéepar la tempête. Ce tableau est connu sous!e nom de Nave del Giotto. Beccafumi,né en 1484 , se fit une grande réputa-tion par P exécution du pavé de l’églisede Sienne en mosaïque. Cet ouvrage estde clair-obscur, composé de deux sortesde pierre de rapport, l’une blanche pourles jours, P autre demi-teinte pour lesombres. Josepin & Lanfranc parurent en-